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Un rhinocéros sous sédatif dans la réserve de Klerksdorp, le 3 février 2016. Crédit photo: MUJAHID SAFODIEN / AFP
Un rhinocéros sous sédatif dans la réserve de Klerksdorp, le 3 février 2016. Crédit photo: MUJAHID SAFODIEN / AFP

Au Zimbabwe, des braconniers appartiennent à la police secrète

La corruption qui gangrène le pays rend vaine la lutte anti-braconnage.

Le braconnage de rhinocéros a explosé depuis quelques années en Afrique australe. En Afrique du Sud, pays qui concentre 80% de la population mondiale, le nombre d'animaux tués de manière illégale a grimpé de moins de 100 en 2008 à près de 1200 en 2015, selon les chiffres du gouvernement sud-africain. Sur place, toujours plus de moyens sont dédiés à la lutte anti-braconnage: des ONG forment des rangers au combat, des drones sont déployés pour repérer les braconniers et la légalisation de la corne de rhinocéros a même été prononcé par la cour suprême sud-africaine pour tenter de mettre à mal le marché noir

À lire aussi: Le florissant business des ONG anti-braconnage

Mais les «méchants» sont toujours plus inventifs pour continuer leur chasse cruelle et rémunératrice. 

Dans le pays voisin du Zimbabwe, englué dans une grave crise économique et dirigé par un octogénaire despotique – en la personne de Robert Mugabe –, des membres de la police secrète nationale sont même impliqués dans des réseaux de braconnages, comme le rapporte African Arguments. Le site raconte l'histoire édifiante d'un membre de la police secrète, la puissante Central intelligence organisation, arrêté en novembre 2015 pour avoir recruté des sans-abri pour des actes de braconnages dans un parc national en leur fournissant des kalachnikovs. 

Corruption et menaces

Munashe Mugwira, le braconnier en question, a également été impliqué dans une affaire d'empoisonnement d'éléphants au cyanure. Un procédé courant au Zimbabwe. En 2013, au moins 300 éléphants avaient été tués de la sorte. Munashe Mugwira est aussi suspecté d'avoir utilisé un véhicule des services de renseignements pour une chasse illégale. 

Le braconnier va être prochainement jugé dans ces différentes affaires. Mais selon les observateurs, note le site Africain Arguments, son cas illustre la corruption et l'extension des réseaux de braconnage dans le pays. Selon des membres de services de protection de la faune, il y a des évidences que des rangers corrompus et des braconniers vendent leur ivoire et cornes de rhinocéros au Central intelligence organisation (CIO).

«Le CIO leur indique quel prix il est prêt à mettre et les prévient que s'ils ne veulent pas vendre et tentent d'écouler leur cornes ailleurs, ils seront arrêtés», confie une source anonyme au site d'information. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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