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Zimbabwe: Mugabe compare les manifestations au printemps arabe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a comparé lundi les manifestations contre son régime aux révolutions arabes qui ont fait tomber en 2011 plusieurs chefs d'Etat, tout en prévenant que la contestation était inutile.

Le chef de l'Etat zimbabwéen, 92 ans, a accusé ses opposants d'essayer de le renverser par la rue "comme dans les pays arabes", dans une allocution prononcée à Harare à l'occasion de la célébration des héros de la guerre ayant conduit à l'indépendance en 1980.

"Où est passé le vote? Vous avez oublié ce qu'est la démocratie?", a-t-il lancé à la tribune.  

Le Zimbabwe est secoué par une vague de contestation, un fait rare dans ce pays où les manifestations sont fermement réprimées par la police.

"Ces manifestations sont inutiles car la plupart du temps elles finissent dans la violence", a asséné M. Mugabe.   

"Quel est l'intérêt d'aller dans les rues avec l'intention de montrer que vous savez lancer des pierres? De viser la police avec des pierres, nous ne voulons pas ça", a-t-il poursuivi. 

De nombreux Zimbabwéens accusent Robert Mugabe de détruire l'économie du pays et s'opposent particulièrement à l'introduction de "billets d'obligation", une devise locale lancée en mai, à parité avec le dollar américain.

Cette mesure fait craindre un retour de l'hyperinflation qui avait laissé l'économie en lambeaux en 2008-2009, poussant le Zimbabwe à abandonner sa devise nationale. 

La semaine dernière, la police a violemment réprimé à coups de canons à eau et de matraques une manifestation dans la capitale Harare contre cette loi.

Le gouvernement zimbabwéen, à cours de devises, a de plus en plus de mal à payer les fonctionnaires en temps et en heure. 

Lundi, le président a assuré qu'il allait prendre des mesures pour assurer le paiement de ces salaires.

"Le gouvernement reconnaît la contribution des fonctionnaires et va mettre en place des programmes pour améliorer leur niveau de vie et leurs conditions de travail", a-t-il promis. 

Robert Mugabe qui dirige le Zimbabwe d'une main de fer depuis l'indépendance connaît cependant des défections au sein de son propre camp.

Les vétérans de la guerre d'indépendance, jusqu'alors loyaux au président, ont dénoncé fin juillet le comportement "dictatorial" de M. Mugabe et appelé à sa démission. 

L'inusable chef de l'Etat prévoit d'ores et déjà de se présenter à sa propre succession en 2018. 

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