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Hillary Clinton et l'ancien Premier ministre kényan Raila Odinga à Nairobi en 2012. JACQUELYN MARTIN / POOL / AFP
Hillary Clinton et l'ancien Premier ministre kényan Raila Odinga à Nairobi en 2012. JACQUELYN MARTIN / POOL / AFP

Ces leaders africains qui s'invitent dans la campagne présidentielle américaine

Plusieurs chefs de parti se sont rendus aux meetings cette semaine, avec parfois la mauvaise surprise de croiser leurs propres adversaires.

N'en déplaise à Malik Obama, le demi-frère kényan du président des Etats-Unis, qui a affiché contre toute attente son soutien à Donald Trump, il n'est pas le seul Africain à s'être incrusté dans l'élection présidentielle américaine de 2016. Plusieurs leaders du continent ont ainsi fait le déplacement pour assister la semaine dernière aux conventions nationales du parti républicain à Cleveland, et du parti démocrate à Philadelphie.

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En début de semaine, on pouvait donc voir Raila Odinga, leader de l'opposition au Kenya, applaudir l'intronisation d'Hillary Clinton en tant que candidate démocrate pour l'élection de novembre prochain. Il faut dire que Clinton et Odinga sont très proches, à tel point que le nom de l'ancien Premier ministre était cité dans les mails controversés de Clinton lorsqu'elle était secrétaire d'Etat. Mais la visite paraît surprenante, note Quartz, alors que le parti d'Odinga, la Coalition pour des réformes et pour la démocratie, est en pleine crise: la contestation s'installe, le secrétaire général a démissionné il y a quelques mois, et les soutiens se divisent à un an des élections.

«Merveilleux de rencontrer d'anciens amis à la réception des leaders à la convention républicaine à Philadelphie aujourd'hui»

Mais le hasard fait bien les choses. À Philadelphie, son adversaire Musalia Mudavadi, du United democratic forum party (UDFP), avait également décidé de venir à l'invitation d'Hillary Clinton et du National Democratic Institute (NDI). «Ce n'était pas un rendez-vous prévu, ils se sont juste retrouvés au même endroit, au même moment», raconte un proche d'Odinga au site AllAfrica. Les deux dirigeants sont des anciens alliés, mais ils sont en froid depuis quelque temps, après que Mudavadi a accusé Odinga d'avoir insulté les Luhya, son ethnie. Cerise sur le gâteau, les deux leaders ont logé dans le même hôtel... mais leurs chemins se sont heureusement séparés après la convention.

Vingt-sept délégations africaines chez les démocrates

Chaque année depuis 1984, le NDI organise un forum international des leaders afin de leur montrer comment se déroule une convention démocrate, et les faire participer à des discussions sur les thèmes de la campagne et la couverture médiatique de la campagne présidentielle. Cette fois, en plus du Kenya, 26 autres délégations africaines étaient présentes. L'ancienne secrétaire botswanaise du Commonwealth Mmasekgoa Masire-Mwamba était notamment présente lors d'un déjeuner en honneur de Geraldine Ferraro, première femme à s'être présentée à la vice-présidence des Etats-Unis en 1984.

«Les leaders féminines quittent le déjeuner en l'honneur de Geraldine Ferraro remplies d'énergie grâce aux fabuleux discours»

Du côté républicain, les Africains étaient un peu moins nombreux. Ainsi, Hamid Chabat, le secrétaire général du parti Istiqlal au Maroc s'est retrouvé un peu seul lors de la convention qui a intronisé Donald Trump. Comme il l'a affirmé sur Facebook, Istiqlal était le «seul parti marocain, arabe et africain qui a eu l’honneur d’assister et de participer à la Convention nationale des Républicains à Cleveland», selon la traduction faite par Quartz.

Au moins, il n'aura pas eu la mauvaise surprise de tomber sur un ennemi politique.

Paul Verdeau

Journaliste à Slate Afrique. 

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