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L'UA propose l'envoi d'une brigade d'intervention au Soudan du Sud

Les chefs d'Etat africains réunis au 27e sommet de l'Union africaine (UA) à Kigali se sont prononcés lundi en faveur de l'envoi d'une "force régionale de protection" au Soudan du Sud avec un mandat plus robuste que l'actuelle mission des Nations unies sur place.

La capitale du Soudan du Sud a été le théâtre de combats meurtriers entre les troupes du président Salva Kiir et les forces loyales au vice-président, l'ex-rebelle Riek Machar.

Ces combats, qui ont fait au minimum 300 morts et plusieurs dizaines de milliers de déplacés, ont mis en péril un fragile accord de paix conclu en août 2015 pour mettre un terme à une guerre civile débutée fin 2013, deux ans et demi après l'accession à l'indépendance du pays.

"L'ONU n'a pas le mandat pour imposer la paix (...) Les troupes africaines sont prêtes à s'engager dans des situations très difficiles (...) C'est notre responsabilité", a expliqué à la presse à Kigali le Commissaire à la Paix et la sécurité de l'UA, Smaïl Chergui.

La force de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), forte de 12.000 hommes, a été critiquée pour ne pas avoir réussi à endiguer les derniers combats à Juba et échoué à protéger les populations civiles prises au piège.

M. Chergui a ajouté que la brigade africaine d'intervention, dont la création devra être approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, s'inspirait de celle déployée dans l'est de la République démocratique du Congo depuis 2013. 

Forte de 3.000 Sud-Africains, Tanzaniens et Malawites, celle-ci, intégrée à la mission de l'ONU, a activement participé à la défaite en novembre 2013 de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

- 'Séparer les parties au conflit' -

L'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (Igad), qui est au coeur de ce projet, a appelé dimanche le Conseil de sécurité de l'ONU à renforcer la Minuss et à donner à la nouvelle force un "mandat révisé" afin de "séparer les parties au conflit" et "pacifier Juba". 

L'Ethiopie, le Kenya et le Rwanda se sont dits prêts à fournir des troupes, tout comme au moins "un pays d'Afrique australe" dont M. Chergui n'a pas dévoilé le nom.

En revanche, la mise en place d'un embargo sur les armes à destination du Soudan du Sud n'a pas abouti, en raison de l'opposition notamment de l'Ouganda, qui entretient des liens très étroits avec le président sud-soudanais Salva Kiir.

Selon M. Chergui, il revient désormais à la communauté internationale de convaincre M. Kiir d'accepter le principe de cette force, alors qu'il a récemment affirmé ne pas vouloir un soldat étranger de plus sur son sol.

Le sommet a également avalisé le projet de désengagement militaire de Somalie - où l'UA a déployé quelque 20.000 hommes - à partir d'octobre 2018, tout en promettant d'ici là une offensive "robuste et collective" dans le sud du pays pour affaiblir les insurgés islamistes radicaux shebab.

De même, M. Chergui a indiqué qu'une réflexion était engagée, avec l'ONU, pour le déploiement d'une autre brigade d'intervention dans le nord du Mali, qui abrite toujours des groupes jihadistes.  

- Prochain retour du Maroc? -

Le sommet a également vu l'amorce d'un retour au sein de l'UA du Maroc, le seul pays d'Afrique à ne pas faire partie de l'organisation panafricaine. 

"Cela fait longtemps que nos amis nous demandent de revenir parmi eux (...) Ce moment est donc arrivé", a déclaré lundi le roi du Maroc Mohamed VI à l'agence marocaine MAP. 

Le Maroc avait claqué la porte de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1984, l'ancêtre de l'UA, sur la question du Sahara Occidental.

"Nous considérons le Maroc comme un pays frère et nous serions très satisfaits de le voir revenir. Mais beaucoup dépendra des conditions dans lesquelles le Maroc voudrait revenir", a relevé le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama.

Les chefs d'Etat africains n'ont en revanche pas réussi à désigner un successeur à la présidente de la commission, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, dont le mandat arrivait à terme. 

Aucun des trois candidats n'a obtenu la majorité requise des deux-tiers et une nouvelle élection, ouverte à de nouveaux candidats, est prévue pour le prochain sommet de l'UA en janvier 2017 à Addis Abeba. D'ici là, Mme Dlamini-Zuma restera en poste.

Les chefs d'Etat ont également adopté le principe d'une taxe de 0,2% sur les importations pour financer l'organisation et la rendre moins dépendante des donateurs qui contribuent à hauteur de 73% de son budget. 

AFP

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