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Zimbabwe: le leader de la contestation appelle

Le pasteur Evan Mawarire, chef de file de la contestation citoyenne au Zimbabwe, a appelé jeudi, au lendemain de sa libération, à "continuer la grève" pour protester contre le régime autoritaire du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980.

"La grève générale continue. Passez le message à tous ceux que vous connaissez, envoyez leur des vidéos, envoyez leur des textos ou des messages sur Whatsapp et dites leur que le pasteur a dit que la grève continuait", a-t-il déclaré dans une nouvelle vidéo postée sur Facebook.

"Envoyons ce message clair à notre gouvernement que trop c'est trop. N'oubliez pas de prier pour le Zimbabwe (...). Il y a de l'espoir en vous, de l'espoir dont le pays a besoin. Si vous ne participez pas, vous nous privez de cet espoir", a-t-il ajouté.

Le pasteur Mawarire, âgé de 39 ans, dénonce notamment la corruption, l'injustice et la pauvreté au Zimbabwe, embourbé depuis le début des années 2000 dans une profonde crise économique. Environ 90% de la population active n'a pas de travail dans le secteur formel.

"Nous ne haïssons pas le gouvernement sans raison. Nous voulons que vous sachiez la situation sur le terrain. Nous avons des revendications et nous demandons au gouvernement de les étudier", a-t-il encore dit, portant autour du cou le drapeau zimbabwéen, devenu le symbole de son mouvement.

Evan Mawarire a lancé son appel quelques heures après avoir été libéré, mercredi soir, à la suite d'une décision de justice surprise rejetant le chef d'inculpation de tentative de renversement du gouvernement.

Au total, il a passé moins de 48 heures en détention provisoire. A sa sortie en homme libre du tribunal d'Harare, il a été accueilli par des centaines de supporters en liesse. "C'est vrai que Dieu existe", ont-ils scandé. 

Le pasteur, encore inconnu du grand public il y a quelques mois, utilise les médias sociaux pour mobiliser les anti-Mugabe. 

Il avait appelé à une grève générale le 6 juillet, qui avait été bien suivie dans le pays. Il avait lancé un appel similaire pour mercredi et jeudi. Mais la mobilisation était très faible jeudi à Harare, tout comme la veille, ont constaté des journalistes de l'AFP. 

AFP

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