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Zimbabwe: arrestation du leader de la contestation sociale Evan Mawarire

Un des leaders du mouvement de contestation sociale qui touche le Zimbabwe depuis deux semaines, le pasteur Evan Mawarire, a été arrêté mardi, après avoir appelé à de nouvelles grèves, a affirmé son avocat à l'AFP.

"Il a été arrêté et accusé d'incitation à la violence publique" après avoir répondu à une convocation de la police à Harare, a précisé Harrison Nkomo.

Une grève générale, une première au Zimbabwe depuis 1998, a entrainé la fermeture de nombreux commerces, écoles, banques, tribunaux et administrations mercredi dernier, tandis que les transports en commun étaient paralysés.

Cette grève faisait suite à plusieurs jours de manifestations, notamment de la part des fonctionnaires qui n'avaient pas reçu de salaires au mois de juin.

D'autres grèves sont prévues pour mercredi et jeudi, dans un climat de défiance croissante contre le régime du président Robert Mugabe, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 36 ans.

Même la police et l'armée - essentielles à M. Mugabe pour se maintenir au pouvoir - ont été payées avec une douzaine de jours de retard le mois dernier.

Le pasteur baptiste Evan Mawarire, 39 ans, s'est rapidement fait un nom en postant en avril sur internet une vidéo où il s'en prenait à la corruption et à l'incurie du gouvernement alors que le Zimbabwe est plongé dans une grave crise économique et souffre de la sécheresse.

La vidéo, sur laquelle le pasteur Mawarire portait un drapeau zimbabwéen, a donné naissance au hashtag ThisFlag devenu un symbole du mouvement de contestation.

Les manifestations, dont des vidéos diffusées sur internet ont montré la répression par la police, mettent en lumière la frustration grandissante de la population, d'habitude étouffée par les forces de sécurité, dans un pays où 90% des actifs n'ont pas d'emploi formel.

"Pas de violence, citoyens", avait lancé le pasteur Mawarire dans un message appelant à la poursuite des grèves diffusé par vidéo avant son arrestation.

"Lorsque nous protestons, pas de violence, donc nous continuons mercredi 13 et jeudi 14 juillet. Nous optons pour des fermetures parce que c'est tout ce que nous pouvons faire pour que le gouvernement nous écoute", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le président Mugabe avait une fois de plus rejeté sur les puissances occidentales la responsabilité du retard du paiement des salaires des fonctionnaires. "Le paiement des salaires peut être retardé à cause des sanctions", s'est-il justifié vendredi lors d'un meeting politique.

Ces sanctions, imposées par les pays occidentaux en raison des violations des droits de l'Homme au Zimbabwe, ne visent que le président et son entourage.

Dimanche, le ministre de l'Information Christopher Mushow avait déclaré que les autorités surveillaient "tous ceux qui abusent des médias sociaux pour provoquer des troubles dans le pays". Et le gouvernement a averti que quiconque partagerait des matériaux "subversifs" serait arrêté.

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