mis à jour le

 BERTRAND LANGLOIS / AFP
BERTRAND LANGLOIS / AFP

Au Ghana, faire voler un drone sans permis est passible de 30 ans de prison

Comme au Nigeria et au Kenya, le gouvernement ghanéen veut durcir le règlement sur la circulation des drones.

Au Ghana, on ne plaisante pas lorsqu’il s’agit de contrôler les papiers du véhicule – même lorsque ce véhicule pèse moins de cinq cents grammes. L’autorité de l’aviation civile du pays (GCAA) a durci la réglementation des drones (ou plutôt des «systèmes aériens télécommandés», selon ses termes), en imposant aux utilisateurs d'enregistrer leurs appareils et de disposer d'un permis. Une nouvelle règlementation qui sera mise en place en septembre, et qui rappelle celles du Kenya et du Nigeria.

«"Il n'y a qu'au Nigeria que le gouvernement nous rendra les choses difficiles pour les drones"... Et puis il y a eu le Ghana.»

Certificat médical obligatoire

Dans une interview à Citi Business News, Simon Allotey, directeur général de la GCAA Simon Allotey affirme vouloir empêcher les accidents dans l’espace aérien du pays.

«Imaginez qu’un système télécommandé sans permis, sans autorisation de vol et sans contrôle du trafic aérien décolle et percute un avion sur la piste d’atterrissage, explique-t-il. Ça pourrait donner lieu à un crash.»

La réglementation est sévère: pour pouvoir piloter un drone, il faut être majeur, disposer d'un certificat médical et de bon nombre d'autorisations. Mais la réglementation n'est pas toujours très claire, selon l'observateur Ntrakwah & Company. Ainsi, l'autorité ne fait pas de distinction entre l'usage récréatif et professionnel du drone, et interdit de faire voler un drone à moins de trente mètres d'un bâtiment, même si celui-ci appartient à l'utilisateur. Quoi qu'il en soit, un manquement au règlement engendre une peine qui va de la simple amende… à trente ans de prison. De quoi dissuader les utilisateurs clandestins, et taxer une industrie en plein boom, comme le fait déjà le Nigeria, où un permis peut coûter jusqu'à 4 000 dollars... alors qu'il ne faut dépenser que 5 dollars aux Etats-Unis. 

À lire aussi: Le premier aéroport de drones au monde va être construit au Rwanda

De plus en plus nombreux en Afrique, les engins volants télécommandés font rêver les compagnies de distribution, et sont un espoir crédible pour les ONG humanitaires, afin d'acheminer des vaccins et des médicaments plus rapidement. En octobre 2015, le jeune William Elong avait réuni 300 000 dollars dans son projet de création de drones de transport et de surveillance au Cameroun. Pour rappel, c'est au Rwanda, sur les berges du lac Kivu, que se développe le premier drone-port du monde, conçu par l'architecte Norman Foster.

Paul Verdeau

Journaliste à Slate Afrique. 

Ses derniers articles: À Paris, la diaspora gabonaise évacue sa colère et sa peur  Au Gabon, la victoire contestée d'Ali Bongo stigmatise le Haut-Ogooué  Comment le chef de la police israélienne justifie les contrôles fréquents des Juifs éthiopiens 

business

AFP

Nigeria: le business des "faiseurs de miracles" contre le sida

Nigeria: le business des "faiseurs de miracles" contre le sida

AFP

Au Ghana, le business des singes fait le bonheur de villageois

Au Ghana, le business des singes fait le bonheur de villageois

How much is that?

La négociation, une facette méconnue du business africain

La négociation, une facette méconnue du business africain

drones

AFP

Dans le Sahel, les aviateurs français prêts

Dans le Sahel, les aviateurs français prêts

AFP

Des drones tactiques français en Centrafrique

Des drones tactiques français en Centrafrique

Afrique du Sud

Au large des plages de Cape Town, des drones surveillent les requins

Au large des plages de Cape Town, des drones surveillent les requins

gouvernement

AFP

Zimbabwe: le nouveau président dissout le gouvernement Mugabe

Zimbabwe: le nouveau président dissout le gouvernement Mugabe

AFP

Togo: l'opposition ne cède pas, le gouvernement annule une conférence internationale

Togo: l'opposition ne cède pas, le gouvernement annule une conférence internationale

AFP

Gabon/violences post-électorales: le gouvernement rejette toute autre "enquête internationale" que la CPI

Gabon/violences post-électorales: le gouvernement rejette toute autre "enquête internationale" que la CPI