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L'ambulance qui voulait faire la révolution en Libye

Quand la clameur de la révolution libyenne a commencé à se faire entendre, Abdul Gargani a voulu aider son pays à chasser son dictateur, le colonel Kadhafi. Mais depuis la ville de Manchester au Royaume-Uni, les yeux rivés sur les bulletins d’infos de la chaîne qatari Al-Jazeera, ce Libyen exilé depuis 1976 s’est senti impuissant.

«Je voulais être là-bas, raconte-t-il, dès que nous avons vu ce qui se passait à la télévision, nous avons eu envie d’y aller».

Alors, l’homme âgé de 57 ans a acheté une ambulance sur le site de vente en ligne eBay, et a pris la route pour la livrer en main propre aux révolutionnaires.

Abdul Gargani, un ami et sa nouvelle ambulance fraîchement baptisée «Zayna» ont pris la route jusqu’à Gênes en Italie, et, après une traversée en ferry de 23 heures, ont rejoint la Libye via la Tunisie. Sur place, il prend contact avec le Croissant Rouge, à qui il remet le véhicule. Ce dernier a tout de suite été utilisé pour transporter les rebelles blessés.

Un jour, on lui a demandé de conduire lui-même l’ambulance sur le lieu des combats. Bien plus tard, de retour en Angleterre, le héros a raconté cet épisode au quotidien britannique The Guardian:

«Je me suis retrouvé à rouler très vite, à environ 100 km/heure dans une zone limitée à 50 km/heure. Un homme de mon âge, conduisant ce vieux véhicule? C'était une bonne sensation. Cela peut paraître une réaction bizarre pour quelqu’un qui se trouve dans une zone de guerre. Mais je préférais être là-bas plutôt que d'être coincé [en Angleterre] à regarder ce qu’il se passait à la télévision».

Mais l’ambulancier amateur voulait faire encore plus. Il a assuré le service à deux reprises, avec un véhicule d'ambulance tout-terrain dont avait grandement besoin les rebelles, et enfin, avec un monospace. Selon le quotidien britannique, les véhicules ont été utilisés très fréquemment pendant les combats et même après.

Aujourd’hui, en effet, la Libye a plus que jamais besoin d’ambulance. Même si Mouammar Kadhafi est mort, et la Libye officiellement libérée, les hostilités se poursuivent à la marge, ici et là, entre des milices.

Lu sur The Guardian

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