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Le Sud-Africain Oscar Pistorius, idole déchue des stades, a été incarcéré à la prison centrale de Pretoria après sa condamnation en appel mercredi à six ans de prison pour le meurtre de sa petite amie, une sentence bien inférieure à la peine plancher pour ce crime.

"Monsieur Pistorius, levez-vous s'il vous plaît. La sentence que j'impose à l'accusé pour le meurtre de la défunte Reeva Steenkamp est six ans de prison", a déclaré la juge Thokozile Masipa dans une salle comble du tribunal de Pretoria.

Le sextuple champion paralympique de 29 ans amputé des deux jambes et entré dans la légende en s'alignant avec les valides aux jeux Olympiques de Londres de 2012, encourait une peine minimum de 15 ans. 

Oscar Pistorius est arrivé à la mi-journée à la prison de Kgosi Mampuru, selon le responsable du centre pénitentiaire, Richard Malebane.

En première instance, il avait écopé de cinq ans de prison pour l'"homicide involontaire" de sa petite amie abattue de quatre balles chez lui. Mais en appel, il avait été reconnu coupable de meurtre.

Le parquet - qui avait réclamé au moins 15 ans de détention soulignant que Pistorius n'avait pas exprimé de remords - n'a pas immédiatement annoncé mercredi s'il ferait appel ou non de la sentence.

Pistorius L'avocat de la famille de la victime, Petrus de Bruyn, a simplement dit qu'il "laissait faire le cours de la justice". "Rien ne ramènera Reeva", a-t-il déclaré à l'AFP.

En revanche, la défense a exclu de faire appel. "Oscar servira la peine qui a été rendue", a indiqué l'un des avocats de Pistorius, Andrew Fawcett.

A l'annonce du verdict, Pistorius, vêtu d'un manteau gris sur une chemise blanche et une cravate noire, a serré dans ses bras sa soeur Aimee assise derrière lui. Il a ensuite été immédiatement escorté par les forces de sécurité vers une cellule au sous-sol du tribunal.

Il pourra demander sa libération conditionnelle après avoir purgé trois ans en prison, selon plusieurs experts interrogés par l'AFP, et sera donc en théorie libérable en 2019.

- 'Il ne peut pas être en paix' -

Pistorius retourne derrière les barreaux alors qu'il était assigné à résidence chez son oncle, à Pretoria, depuis octobre 2015, après avoir passé un an en prison. 

Son sort se jouait une nouvelle fois mercredi entre les mains de la juge Thokozile Masipa, qui l'avait condamné en première instance à cinq ans de prison, un jugement dénoncé par le monde judiciaire et l'opinion publique comme laxiste.

Mercredi, elle a estimé que "les circonstances atténuantes l'emportaient sur les facteurs aggravants" et justifiaient "de ne pas imposer la peine plancher de 15 ans pour meurtre".

Elle a notamment énuméré la "vulnérabilité" de Pistorius au moment du drame puisqu'il était sur ses moignons, ses tentatives vaines de ranimer Reeva Steenkamp et de demander ensuite pardon à la famille Steenkamp, ainsi que son année en prison et ses 8 mois en assignation à résidence.

La saga judiciaire tient en haleine les médias du monde entier depuis trois ans. Et pour cause, l'affaire contient des ingrédients hors du commun: un coupable, coureur handicapé mythique, une victime top model, Reeva Steenkamp, et un drame commis la nuit de la Saint-Valentin 2013.

Pistorius a toujours plaidé la méprise. Il était convaincu, n'a-t-il cessé de répéter, qu'un cambrioleur s'était introduit dans sa maison sécurisée de Pretoria. Il a tiré quatre balles à travers la porte des toilettes de sa chambre avec le revolver qu'il gardait sous son lit, persuadé qu'un voleur s'y cachait.

Un argument irrecevable pour la justice qui a retenu l'intention de tuer - quelle que soit l'identité de la victime - et condamné Pistorius pour meurtre, en appel.

"La vie (des Steenkamp) ne sera plus jamais la même, a encore affirmé mercredi la juge Masipa. Mais par chance, le processus de deuil a commencé et M. et Mme Steenkamp ont expliqué qu'il avaient pardonné à l'accusé".

"La vie de l'accusé ne sera plus jamais la même non plus. Il est un héros déchu qui a perdu sa carrière et est ruiné financièrement. Il ne peut pas être en paix", a-t-elle insisté.

La défense avait joué la carte de l'émotion lors du procès en appel: l'ancien athlète avait retiré ses prothèses et marché d'un pas hésitant, tête baissée, sur ses moignons, pour témoigner de sa vulnérabilité physique et tenter d'amadouer la magistrate. Une stratégie qui s'est finalement avérée payante. 

AFP

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