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Netanyahu pince la corde sécuritaire pour affirmer la présence d'Israël en Afrique

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis mardi, au deuxième jour d'une tournée "historique" en Afrique subsaharienne, une coopération accrue avec l'Afrique en matière de lutte contre le terrorisme, tentant d'affirmer la présence de l'Etat hébreu sur un continent qui l'a longtemps boudé.

"En travaillant ensemble, nous pouvons défaire encore plus vite le fléau qu'est cette terreur", a affirmé M. Netanyahu lors d'une conférence de presse à Nairobi, à l'issue d'un entretien avec le président kényan Uhuru Kenyatta.

Depuis le Kenya, un des rares alliés historiques d'Israël sur le continent africain, M. Netanyahu s'est enthousiasmé : "l'Afrique n'a pas de meilleur ami en dehors de l'Afrique que l'Etat d'Israël quand il s'agit de besoins pratiques sur la sécurité et le développement".

"Le résultat pratique de notre coopération peut être une plus grande sécurité et une plus grande prospérité", a poursuivi le Premier ministre israélien, qui avait participé lundi en Ouganda à un mini-sommet régional sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme.

Qualifiée d'"historique" par M. Netanyahu, la tournée de quatre jours qui a débuté en Ouganda et se poursuit mercredi au Rwanda et jeudi en Ethiopie est la première d'un chef de gouvernement israélien en Afrique subsaharienne depuis des décennies.

Mais si le Premier ministre israélien voyage avec 80 hommes d'affaires, et a conclu des accords avec le président kényan en matière de gestion de l'eau, de santé et d'immigration, la visite revêt avant tout une dimension diplomatique.

Israël cherche à s'assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où l'Etat hébreu fait l'objet de vives critiques liées à l'occupation des Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires.

- Israël de retour à l'UA ? -

"En tant que continent, nous avons eu une relation difficile avec Israël", a pour sa part rappelé Uhuru Kenyatta. "Mais le monde a changé et nous ne pouvons vivre dans le passé".

Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient en effet pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l'Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d'apartheid en Afrique du Sud.

"Il est important qu'Israël établisse une nouvelle relation avec l'Afrique", a poursuivi le président kényan, alors que l'Etat hébreu a salué dans un communiqué l'engagement pris par les chefs d'Etat africains rencontrés lundi de "restaurer Israël en tant qu'Etat observateur auprès de l'Union africaine".

Israël a été membre observateur de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) jusqu'en 2002, quand cette institution fut dissoute pour être remplacée par l'Union africaine (UA). 

L'Autorité palestinienne bénéficie, elle, depuis plusieurs années d'une relation privilégiée avec l'UA, et son président Mahmoud Abbas est régulièrement invité aux sommets de l'organisation, qui lors de ses derniers sommets témoignait de "sa solidarité indéfectible au peuple palestinien" et condamnait "la politique israélienne d'occupation et d'agression".

Concernant la lutte contre le terrorisme, M. Kenyatta a soutenu qu'"Israël doit faire face à ce défi depuis plus longtemps que nous en tant que pays ou en tant que région", et a salué l'expertise israélienne dont bénéficie le Kenya, notamment en matière de formation, de progrès technologiques et de partage d'informations.

"Nous ne pourrons assurer le développement économique que nous souhaitons pour notre peuple que si nous pouvons assurer la sécurité de notre nation", a affirmé celui qui avait invité M. Netanyahu à venir en Afrique lors d'une visite en Israël en février.

MM. Kenyatta et Netanyahu ont par ailleurs rappelé qu'Israël avait bénéficié de l'aide du Kenya en 1976 lors de l'opération commando menée par les forces spéciales israéliennes en Ouganda pour libérer les passagers d'un vol Tel-Aviv Paris détourné sur l'aéroport d'Entebbe, où les preneurs d'otages avaient été accueillis par le dictateur ougandais Idi Amin Dada.

Lundi, M. Netanyahu a participé en Ouganda à une cérémonie solennelle commémorant l'opération, entrée dans la légende des forces spéciales israéliennes et lors de laquelle son frère Yonathan, chef du commando, avait péri. Les avions emmenant les otages libérés avaient ravitaillé à Nairobi avant de repartir pour Israël.

AFP

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