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Cameroun: remise de peine et liberté pour une avocate franco-camerounaise

Le président camerounais Paul Biya a annoncé lundi qu'il accordait une remise de peine à l'avocate française d'origine camerounaise Lydienne Yen-Eyoum Loyse, condamnée à 25 ans de prison pour détournement de fonds publics.

"Une remise totale de la peine restante à purger est accordée à Yen-Eyoum Lydienne Annette, épouse Loyse, condamnée à 25 ans de prison pour détournement de deniers publics", a écrit le président Biya dans un décret présidentiel lu lundi soir à la radio d'Etat.

M. Biya charge le ministre de la Justice, Laurent Esso, "de l'exécution" de cette mesure.

"C'est magique. Elle est en train de sortir de prison, là, ce soir", a réagi l'avocate parisienne de Mme Yen-Eyoum, Caroline Wassermann, jointe par l'AFP. 

"Je pense qu'elle va venir en France. Nous avions des informations (sur une possible libération) mais nous ne pensions pas que cela se ferait si vite", a ajouté Me Wassermann.

Mme Yen-Eyoum a déjà passé huit ans en prison. Arrêtée en janvier 2008, elle avait été condamnée à 25 ans de prison le 26 septembre 2014 par le Tribunal criminel spécial (TCS). Cette juridiction, spécialisée dans la répression de la grande corruption, l'avait reconnue coupable du détournement de 1,077 milliard de FCFA (1,5 million d'euro). 

Le 9 juin 2015, la peine avait été confirmée par la Cour suprême, le dernier niveau de juridiction du Cameroun. Mme Yen-Eyoum a toujours clamé son innocence.

Mme Yen-Eyoum, mandatée par le ministère camerounais des Finances, avait recouvré en 2004 d'anciennes créances auprès de la SGBC (devenue SG Cameroun), filiale de la banque française Société générale, en contentieux avec l'Etat camerounais. La justice camerounaise lui a reproché d'avoir gardé une partie des fonds recouvrés.

Devant la Cour suprême, Me Yondo Black, l'un des avocats camerounais de la Française, avait accusé cette filiale d'être à l'origine de ses ennuis judiciaires.

Contactée en mai 2015 par l'AFP, la Société générale avait expliqué ne pas avoir "de commentaires à faire dans une affaire où nous ne sommes pas partie et qui semble résulter des relations entre Me Eyoum et l'Etat camerounais".

De sources concordante, la France a exercé d'énormes pressions sur la présidence camerounais, demandant la libération de l'avocate.

Sa libération intervient quelques jours après le déplacement à Yaoundé du secrétaire d'Etat français au Développement André Vallini, officiellement pour la signature d'un contrat de désendettement et de développement.

Le président Hollande avait fait une brève allusion à l'affaire Yen-Eyoum lors de son voyage à Yaoundé il y a un an jour pour jour, lors d'une conférence de presse avec son homologue camerounais.

Des pressions similaires avaient déjà abouti à la libération le 24 février 2014 d'un autre Français d'origine camerounaise, Michel Thierry Atangana, emprisonné durant 17 ans pour détournements de fonds publics.

Le Cameroun a lancé en 2006 une opération Epervier de lutte contre la corruption dans le cadre de laquelle plusieurs personnalités ont déjà été arrêtées et condamnées à de lourdes peines de prison pour la plupart.

AFP

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