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A Tripoli, les milices se font la guerre

Des affrontements entre deux milices libyennes rivales ont provoqué la mort d’au moins six personnes le 12 novembre, dans l’ouest de Tripoli, la capitale libyenne. C’est l’une des échauffourées les plus violentes depuis la mort du dictateur déchu, le colonel Kadhafi, le 20 octobre dernier.

Les violences ont éclaté entre un groupe de la ville côtière de Zawiyah et un autre de Warshefana, un quartier de la banlieue ouest de Tripoli où certains habitants ont été accusés de continuer à soutenir l’ancien gouvernement.

Durant ces heurts, des centaines d’hommes de la milice de Zawiyah ont investi la portion d’autoroute qui conduit à Tripoli en tirant dans les airs depuis des véhicules armés de mitrailleuses ou de lance-roquettes. Ils se sont précipités en direction de Warshefana, avant d’essuyer les tirs du camp d’en face. Le bilan est de six morts selon les autorités. Mais dans son reportage, le correspondant du New York Times à Zawiyah fait état d’une quinzaine de victimes, d’après le témoignage de combattants.

Le conflit semble avoir été déclenché par une dispute pour le contrôle d'une base militaire de Kadhafi sur cette autoroute. Certains combattants avancent aussi des problèmes de frontières entre les différentes communautés. La confusion semblait régner parmi les belligérants de Zawihah sur l’identité de leurs opposants:

«Je ne sais pas si ce sont des rebelles ou des pro-Kadhafi, explique un homme armé en panique, mais ils ont utilisé des canons anti-aériens contre nous, et nous étions coincés».

De nombreuses rivalités meurtrières ont émergé au sein des groupes de rebelles qui ont combattu Kadhafi. L’ennemi commun étant éliminé, la compétition pour les territoires, les ressources naturelles et le pouvoir risque dorénavant de provoquer un long conflit entre les différents groupes belligérants.

Le président du Conseil national de transition (CNT) a affirmé qu'il espérait que les deux parties parviennent à un accord qui mettra fin à ces combats, qui, pour lui, concernent deux groupes de rebelles. «Je voudrais dire aux Libyens que tout est sous contrôle», a-t-il déclaré.

Ces violences sont les dernières en date d’une longue série de petits affrontements qui ont éclaté sporadiquement dans le pays ces dernières semaines. Le grand défi du CNT, encore très faible, sera de rassembler les différentes factions afin d'éviter la guerre civile.

Lu sur The New York Times

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