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Une vue aérienne d'Hargeisa, le 16 mai 2016. MOHAMED ABDIWAHAB / AFP
Une vue aérienne d'Hargeisa, le 16 mai 2016. MOHAMED ABDIWAHAB / AFP

Au Somaliland, les parents offrent des taxis à leurs enfants pour les empêcher d'émigrer

Un investissement lourd mais nécessaire pour des familles décimées par l'exil vers l'Europe.

C'est un phénomène commun à de nombreux pays africains: une partie de la jeunesse cherche à émigrer en Europe pour fuir la misère, le chômage, et partir en quête d'une meilleure vie. Selon l'Organisation internationale des migrants, jamais en un siècle le continent africain n'a connu un tel flux de migrants partir pour l'hémisphère nord. 

On racontait par exemple sur Slate Afrique comment un pays pauvre comme la Gambie n'arrive pas à retenir de nombreux jeunes hommes à quitter leur maison, leurs champs pour l'Europe et ses promesses. Un drame qui brise des familles entières. Même chose au Sénégal, où «la jeunesse ne manque de rien» racontait le Wall Street Journal dans un reportage, mais prend le chemin de l'exil avec l'espoir d'obtenir un meilleur niveau de vie. 

«Un acte solitaire»

Au Somaliland, région de la Somalie indépendante de facto depuis 1991 – mais pas reconnue par la communauté internationale –, la jeunesse rêve également d'un confort de vie à l'Européenne. Il faut dire que la pauvreté est grande dans ce pays fantôme et aride qui faute de reconnaissance est exclu des circuits financiers mondiaux. 

À lire aussi: La Gambie, ce petit pays qui voit sa jeunesse fuir en Europe

«Au Somaliland, le voyage vers l'Europe n'est pas une stratégie collective, mais un acte solitaire. Les jeunes hommes, généralement âgés entre 18 et 21 ans partent souvent sans informer leur famille. En conséquence, les familles tentent de manière active de trouver des solutions pour stopper cet exil», explique dans un post de blog, Nimo-ilhan Ali, un chercheur spécialiste du Somaliland à la London school of economics and political science.

Un investissement très lourd

Pour éviter que leurs enfants s'engagent sur un trajet long, incertain et dangereux vers l'Europe, leurs parents n'hésitent donc pas à leur acheter une seconde voiture avec laquelle ils pourront travailler comme taxi, rapporte le site d'informations Quartz. Un stratagème qui fonctionne puisque comme le rapporte Nimo-ilhan Ali, on voit aujourd'hui de très nombreux jeunes chauffeurs de taxi dans les rues d'Hargeisa, la capitale du Somaliland. 

Mais cet investissement est lourd pour les familles dans un pays où le PIB moyen par habitant est de 348 dollars – ce qui en fait le quatrième plus faible au monde selon le site Quartz. Car acquérir une voiture pour en faire un taxi coûte entre 2.000 et 3.000 dollars. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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