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Kenya: la police réprime une manifestation de l'opposition

La police anti-émeute kényane a violemment dispersé lundi avec des grenades lacrymogènes et des coups de bâton une manifestation de l'opposition qui demande la dissolution de la commission électorale, jugée partisane, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Plusieurs centaines de manifestants se dirigeaient vers l'entrée de la commission électorale (IEBC), dans le centre de Nairobi, lorsque la police est intervenue, comme lors des précédentes manifestations de l'opposition débutées le 25 avril.

Raila Odinga, 71 ans, le chef de l'opposition et candidat malheureux à la présidentielle de 2013 était présent, et a rapidement été évacué par ses agents de sécurité.

Des manifestations similaires, organisées devant les locaux de la commission électorale, ont également été dispersées à Kisumu et Kisii, dans le sud-ouest du pays.

"La police a recours à une force excessive et non nécessaire contre des manifestants pacifiques. Ces violences ne sont pas du tout justifiées", a déclaré M. Odinga, promettant de poursuivre son mouvement de manifestations tous les lundi.

Plusieurs journalistes de l'AFP présents ont vu des manifestants jeter des pierres sur les forces de l'ordre, ce qui avait déjà été le cas lors du précédent rassemblement.

Le pare-brise du véhicule de M. Odinga a été endommagé lors de la manifestation. On ignorait la nature du projectile ayant provoqué l'impact et M. Odinga a précisé qu'il ne se trouvait pas dans sa voiture au moment de l'incident. 

Dans la soirée, l'inspecteur général de la police Joseph Boinet a qualifié de "fausses" les allégations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles la police avait tiré sur le véhicule de M. Odinga. 

Le porte-parole de la police George Kinoti a précisé que "seuls des gaz lacrymogènes avaient été utilisés pour disperser les manifestants". La police n'a pas fait usage de tirs à balle réelle, a-t-il ajouté.

La coalition d'opposition emmenée par M. Odinga et plusieurs organisations de la société civile réclament la dissolution de l'actuelle commission électorale, qui avait organisé la présidentielle de 2013 remportée par Uhuru Kenyatta, 54 ans. Le résultat avait été contesté par M. Odinga.

Ancien Premier ministre dans le gouvernement d'unité nationale formé après les violences post-électorales de 2007-2008 (plus de 1.100 morts), M. Odinga estime que la commission électorale est favorable au camp présidentiel et n'est pas en mesure de garantir l'équité de la prochaine présidentielle, prévue le 8 août 2017.

Récemment, le président Kenyatta a organisé une réunion avec de nombreux élus de son camp pour discuter de l'opportunité ou pas de réorganiser l'IEBC.

AFP

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