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RDC: la police refoule plusieurs milliers de partisans de l'opposant Katumbi

La police congolaise a refoulé vendredi à Lubumbashi plusieurs milliers de partisans de l'opposant congolais Moïse Katumbi, visé par une enquête judiciaire pour "recrutement de mercenaires".

Candidat déclaré à la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année, M. Katumbi devait être confla police refoulronté au palais de justice de Lubumbashi (sud-est de la République démocratique du Congo) à plusieurs personnes arrêtées dans cette affaire. Mais l'audition a été renvoyée.

Arrivé au palais vers midi (10H00 GMT), M. Katumbi en est ressorti une heure et demie plus tard, a constaté le correspondant de l'AFP à Lubumbashi, la deuxième ville du pays.

Selon ses avocats, M. Katumbi a argué avoir été agressé par la police en arrivant et a obtenu du magistrat chargé de l'enquête l'autorisation de se faire soigner.

Lors d'un point de presse improvisé au palais de justice, le général Jean-Bosco Galenga, chef de la police provinciale, a démenti les allégations de l'équipe de M. Katumbi, affirmant que six de ses hommes avaient été blessés.

A la mi-journée, plusieurs milliers de partisans de Moïse Katumbi massés à proximité du palais ont été refoulés par la police. Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes sur la foule maintenue à bonne distance du bâtiment par un important dispositif policier.

Plus tôt dans la journée, des jeeps de la police avaient sillonné le quartier, enjoignant par mégaphone "ceux qui n'ont rien à faire" à "rentrer chez eux".

A l'intérieur du palais, les agents ont chassé à coups de matraque des dizaines d'avocats arrivés depuis plusieurs heures et affirmant vouloir "plaider pro deo" (gratuitement) pour M. Katumbi et "toutes les autres personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête", selon l'un d'eux.

Ex-allié de poids du président Joseph Kabila, M. Katumbi est passé à l'opposition en septembre en accusant le chef de l'État de chercher à s'accrocher à tout prix au pouvoir, en même temps qu'il démissionnait de son poste de gouverneur du Katanga (province depuis lors dissoute, dont Lubumbashi était la capitale).

- Colonel aux arrêts -

Le climat politique est tendu depuis des mois en RDC en raison de l'intention que l'opposition prête à M. Kabila de vouloir s'accrocher à son poste au-delà du terme de son mandat en décembre, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Alors que ses détracteurs demandent au chef de l'État de veiller à ce que la présidentielle soit organisée dans les temps, aucune date n'a encore été fixée pour cette élection, dont la probabilité d'un report grandit de jour en jour.

M. Katumbi estime que l'enquête le visant, annoncée le 4 mai après l'arrestation de quatre de ses gardes du corps, dont un Américain, est motivée par une volonté politique de lui "nuire" pour le mettre hors jeu politiquement.

Habillé en blanc - comme lors de ses deux premières auditions, lundi et mercredi - ce richissime homme d'affaires, propriétaire du célèbre club de football TP Mazembe de Lubumbashi, s'est présenté au palais de justice visiblement tendu, accompagné de ses avocats habituels et de membres de sa famille.

Selon sa défense, il devait être confronté à huit personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête, dont un colonel de la police de Lubumbashi.

Mercredi, la Cour constitutionnelle a autorisé le président de la RDC Joseph Kabila à rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année n'est pas organisée.

Plusieurs dirigeants de la majorité réclament depuis quelques mois une "transition" de deux à quatre ans pour organiser de "bonnes élections", arguant d'obstacles logistiques et financiers à la tenue de la présidentielle dans les temps. 

AFP

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