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Comores: vote dans le calme pour une présidentielle partielle sous haute sécurité

Les électeurs comoriens convoqués pour une présidentielle partielle ont voté dans le calme mercredi dans les bureaux concernés par ce scrutin placé sous haute sécurité et décisif pour départager l'ex-putschiste Azali Assoumani et le candidat du pouvoir sortant "Mamadou".

A la fermeture des bureaux de vote à 18H00 (15H00 GMT), aucun incident majeur n'avait été rapporté, selon un journaliste de l'AFP sur place. La participation a été forte et plusieurs centaines de personnes faisaient la queue dès l'ouverture des bureaux de vote.

Le second tour de la présidentielle le 10 avril avait été émaillé de plusieurs actes de violence, dont la destruction et le bourrage d'urnes, essentiellement à Anjouan, l'une des trois îles de l'Union des Comores. La Cour constitutionnelle avait alors ordonné l'organisation d'une partielle dans 13 bureaux, tous situés à Anjouan.

Au total, 6.305 électeurs étaient appelés à voter mercredi, soit seulement 2% du corps électoral comorien. Ils sont toutefois en mesure de changer les résultats très serrés du vote remporté par l'ex-putschiste Azali Assoumani, selon les résultats provisoires.

Le colonel Assoumani, qui a déjà occupé la fonction suprême de 1999 à 2006, est arrivé en tête. Mais il devance de seulement 2.000 voix son principal adversaire, Mohamed Ali Soilihi dit "Mamadou".

Mercredi, le vote s'est déroulé sous haute sécurité, dans ce pays de l'océan Indien prompt à la rumeur et qui a connu une vingtaine de coups d'Etat et tentatives depuis son indépendance de la France en 1975.

Pour éviter tout débordement, l'armée avait déployé 200 militaires à Anjouan, selon le chef d'état-major Youssouf Idjihadi, présent sur place.

Une centaine de membres des forces de sécurité, dont des militaires armés, montaient la garde à l'école de Mramani (sud) qui abritait cinq des bureaux de vote, selon le journaliste de l'AFP.

"On n'avait pas pu voter la dernière fois. Mais aujourd'hui, les militaires m'ont protégée, moi et mon mari aveugle", a expliqué à l'AFP Bouéni Aboudou.

Le 10 avril, les opérations de vote avaient dû être interrompues à Mramani: des centaines de personnes s'étaient pressées dans la cour de l'école pour voter, provoquant des débordements. Mercredi, les électeurs sont rentrés au compte-gouttes dans l'enceinte de l'établissement.

- Economie exsangue -

"J'attends des retombées concrètes de mon vote: un prix décent pour le clou de girofle, du travail pour mes enfants et des produits alimentaires à des prix abordables", a expliqué Idrissa Ahmada, agriculteur et père de neuf enfants.

L'Union des Comores, pays pauvre situé entre le Mozambique et Madagascar, exporte des clous de girofle, de la vanille et de l'ylang-ylang, plante qui entre dans la composition de parfums.

Le pays souffre de graves pénuries d'électricité qui paralysent son économie déjà exsangue. 

Azali Assoumani avait affiché sa "sérénité" et sa "confiance" lundi sur l'issue du scrutin. "Si les structures de vote sont sécurisées, il n'y a pas de raison pour que je ne sois pas président en 2016", avait lancé lundi le colonel, chemise à fleurs et barbe de plusieurs jours. 

Le colonel Assoumani bénéficie du soutien clé de l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, originaire d'Anjouan où il est très populaire.

C'est d'ailleurs ce dernier qui, de fait, a mené campagne. Lors des meetings, "c'est Sambi qui parlait, à chaque fois c'est lui qui s'adressait à l'assistance et Azali apparaissait pour les remerciements", a constaté amer, un membre de la direction de campagne du colonel Assoumani, sous couvert de l'anonymat.

De son côté, "Mamadou", qui s'est déclaré "plus combatif et encore plus optimiste" que jamais, a reçu l'appui du candidat arrivé en troisième position au second tour, Mouigni Baraka (19,15%).

Une situation singulière puisque le nom de Mouigni Baraka figure toujours sur les bulletins de vote: il ne peut pas juridiquement retirer sa candidature d'une partielle.

Les résultats pourraient être connus dès mercredi soir ou jeudi, alors que l'investiture du nouveau président a été maintenue au 26 mai.

AFP

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