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RDC: le principal opposant au président Kabila convoqué lundi devant la justice, sur fond de tensions

L'opposant congolais Moïse Katumbi, qui vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle prévue à la fin de l'année, est convoqué lundi devant la justice de son pays sur des soupçons de recrutement de mercenaires.

Son camp a dénoncé les "manoeuvres" du pouvoir pour l'empêcher de participer à cette échéance électorale cruciale.

Cette convocation intervient dans un contexte de climat politique très tendu en RDC depuis des mois, en raison de l'incertitude liée au très probable report de l'élection présidentielle censée avoir lieu fin novembre. 

Le mandat du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, se termine en décembre, mais une large partie de l'opposition dénonce déjà les "manoeuvres" du président pour lui permettre de rester à la tête du pays au-delà du terme de son mandat.

M. Katumbi, richissime homme d'affaires de 51 ans et ex-gouverneur de l'ancienne province du Katanga (sud-est), est convoqué lundi à 10h00 locales (08h00 GMT) devant le parquet général de Lubumbashi (sud-est), capitale du Katanga, pour y être entendu. 

Le 24 avril, le gouvernement congolais avait annoncé avoir arrêté quatre gardes du corps de M. Katumbi dont un Américain lors d'une manifestation contre le pouvoir à Lubumbashi. Et mercredi dernier, le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, avait annoncé l'ouverture d'une enquête sur "le recrutement de mercenaires" étrangers, dont des Américains, liés selon lui à M. Katumbi.

Réagissant vivement, M. Katumbi avait alors qualifié mercredi de "mensonge grotesque" ces allégations et de "basses manoeuvres du pouvoir" pour lui "nuire" à l'approche de ces échéances électorales.

Il avait dans la foulée le même jour confirmé sa candidature à la présidentielle, précisant qu'il serait soutenu par trois mouvements d'opposition congolaise. Charismatique et populaire, M. Katumbi est passé dans l'opposition en septembre après avoir démissionné de ses fonctions de gouverneur et avoir quitté le parti présidentiel. Grande figure de la politique au Katanga, sa popularité s'étend actuellement dans le pays et il est considéré comme un candidat sérieux à la prochaine présidentielle.

Selon son camp, interrogé dimanche par l'AFP, Moïse Katumbi a bien l'intention de se présenter devant le parquet lundi.

- 'Homme à abattre' -

"M. Katumbi, qui aspire à devenir le magistrat suprême de la RDC, ne peut pas s'extraire de la justice, il va se présenter au parquet (...) car il n'a rien à cacher", a déclaré dimanche à l'AFP Olivier Kamitatu, porte-parole du G7, une coalition de sept partis d'opposition qui soutient la candidature de M. Katumbi.

Pour M. Kamitatu, Moïse Katumbi est même "devenu un homme à abattre". "Il en est conscient mais il est d'abord et avant tout un citoyen honnête et droit qui ne s'est jamais placé au-dessus des lois de son pays", a ajouté M. Kamitatu.

Selon ce porte-parole, qui dénonce les "risques d'instrumentalisation de la justice", M. Katumbi a appelé "à l'implication de la communauté internationale pour garantir la neutralité et l'impartialité dans l'enquête".

Ainsi, au lendemain de sa candidature à l'incertaine présidentielle, Moïse Katumbi a annoncé avoir écrit à la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) pour solliciter sa "protection", se disant "en danger". M. Katumbi affirme également que plusieurs de ses proches, arrêtés par le pouvoir lors de ces deux dernières semaines, sont toujours en détention. 

L'opposant a également demandé "la protection" de la Belgique. Selon le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, M. Katumbi, se disant "inquiet pour sa situation personnelle dans les prochains jours", s'est présenté samedi matin au consulat de Belgique à Lubumbashi pour y demander la protection de ce pays. MM. Reynders et Katumbi ont eu plusieurs entretiens téléphoniques samedi, et le chef de la diplomatie belge a également téléphoné au Premier ministre congolais à ce sujet.

M. Katumbi a finalement quitté le consulat belge et regagné son domicile samedi en fin de journée.

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