mis à jour le

Egypte: face aux critiques, Sissi vante ses accomplissements économiques

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a vanté jeudi les accomplissements économiques "sans précédent" de son régime, ignorant les critiques de la presse depuis l'arrestation de deux journalistes au siège de leur syndicat.

Le chef de l'Etat, élu en mai 2014 un an après avoir destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi, n'a pas répondu à l'appel lancé la veille par le syndicat des journalistes qui réclame des excuses du président pour un raid de la police sans précédent contre le siège de l'organisation.

Deux reporters ont été arrêtés le 1er mai lors de ce raid, provoquant une levée de bouclier au sein des médias qui exigent le renvoi du ministre de l'Intérieur.

Jeudi, en donnant le coup d'envoi à la récolte du blé dans une zone agricole dans l'ouest de l'Egypte, M. Sissi a défendu son bilan économique, énumérant une série de grands projets réalisés en un temps record.

"Ce qui a été fait, sans exagération, est sans précédent" a-t-il affirmé, expliquant que les autorités menaient à bien plusieurs projets, notamment pour développer la péninsule du Sinaï et doubler la production électrique du pays.

"Un projet qui devrait prendre 15 ans (...) nous le finissons en deux", a asséné le président.

Les autorités égyptiennes tentent de relancer une économie égyptienne mise à mal par l'instabilité et les violences qui secouent le pays depuis la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

M. Sissi a rappelé son intervention en juillet 2013 pour évincer M. Morsi et sa lutte contre sa confrérie islamiste des Frères musulmans, affirmant que "celui qui fait ça ne peut pas avoir peur".

"Je dis tout ça pour rassurer chaque Egyptien. N'ayez pas peur!", a-t-il lancé.

Interrompu à plusieurs reprises par des membres de son auditoire, certains saluant en lui "le leader du monde", M. Sissi a défendu un projet d'extension du canal de Suez, inauguré en août 2015.

"J'ai entendu quelqu'un dire que les revenus du canal ont baissé. Bien sûr que non, et quand je dis non, c'est sérieux", a-t-il martelé.

Sérieux était aussi le ton des unes de la majorité des quotidiens égyptiens qui réclamaient les excuses du président et le renvoi du ministre de l'Intérieur.

"Pas de recul concernant le renvoi du ministre et les excuses du président", lance le quotidien privé Al-Masry Al-Youm, accompagné du logo "non aux interdictions de publier, non aux restrictions de la presse".

AFP

Ses derniers articles: L'Église craint que la RDC sombre dans "une situation incontrôlable"  Bénin: RSF dénonce la suspension de quatre médias en 48 heures  La longévité politique des chefs d'État africains 

Sissi

AFP

Egypte: docile, le Parlement résiste rarement

Egypte: docile, le Parlement résiste rarement

AFP

Dans l'Egypte de Sissi en crise, l'armée est appelée

Dans l'Egypte de Sissi en crise, l'armée est appelée

AFP

Crash de l'avion russe en Egypte: Sissi admet qu'il s'agissait d'un attentat

Crash de l'avion russe en Egypte: Sissi admet qu'il s'agissait d'un attentat