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Capture d'écran du compte Instagram de Sebastian Lindström.
Capture d'écran du compte Instagram de Sebastian Lindström.

Au Soudan du Sud, les cinéastes veulent montrer une autre image de leur pays

Ravagé par la guerre civile, le Soudan du Sud est l'un des pays les plus pauvres au monde.

Au Soudan du Sud, le quotidien est fait de combats armés et de misère. Le plus jeune Etat du monde – qui a gagné son indépendance du Soudan en 2011 – est plongé dans une guerre civile atroce qui voit s'affronter des milices rivales depuis fin 2013. Dans un rapport publié à la mi-mars, l'ONU déclarait que la situation des droits de l'homme au Soudan du Sud était «parmi les plus horribles dans le monde, avec une utilisation massive du viol comme instrument de terreur et comme arme de guerre»

Dans ce pays de 12 millions d'habitants, près de 2,3 millions de personnes ont déjà fui leur région pour éviter les combats ou la famine.

Mais comme chaque fois que la guerre a frappé un peuple dans l'histoire, des individus surmontent ce chaos pour raconter une autre histoire. C'est ce que font de jeunes réalisateurs sud-soudanais, qui dans un pays sans infrastructures culturelles, ont créé un festival de cinéma à Juba, la capitale, comme le raconte le site Quartz. Pour continuer à raconter l'histoire de leur pays sous un autre angle que la guerre.

«Il y a un grand besoin de raconter nos propres histoires», a confié à Quartz le fondateur du festival, Simon "Bingo" Lokwang Paul, un réfugié orphelin qui est devenu une star de la télé locale.

Sebastian Lindström, un réalisateur européen qui participe à l'organisation du festival de Juba, a posté plusieurs clichés de scènes de tournage dans les rues de la capitale sur son compte Instagram.

 

Photo from two weeks ago; I ditched the pants and started the diet - a new world emerging! #Juba #SouthSudan

Une photo publiée par sebastian lindstrom (@seblindstrom) le

«Nous ne sommes pas tous des tueurs»

La première édition du Juba film festival se déroulera du 4 au 7 juillet 2016 et est soutenu financièrement par l'Agence d'aide au développement des Etats-Unis.

Bingo veut redonner de l'espoir aux habitants du Soudan du Sud, un pays naturellement riche de pétrole et traversé par le Nil blanc, un affluent du plus long fleuve africain. «Nous sommes des gens qui aimons rigoler, nous sommes déterminés. La guerre a ruiné notre pays, mais nous ne sommes pas tous des tueurs et des guerriers.»

Aux côtés de Bingo, ils sont une vingtaine de réalisateurs sud-soudanais à oeuvrer pour la tenue du festival et pour l'émergence d'une scène cinématographique à Juba.

«Il n'y a pas d'infrastructures pour apprendre à faire des films ici. Mais le festival est vraiment plus qu'un simple endroit pour montrer des films, notre objectif est aussi de créer la possibilité de réaliser des films», conclut Bingo.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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