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Emprunts cachés: le Mozambique blâme l'instabilité militaire

Le Premier ministre mozambicain Carlos Agostinho do Rosario a avancé jeudi l'instabilité militaire pour justifier la dissimulation par l'Etat d'1,4 milliard de dollars de dette, destinés à financer des embarcations militaires et du matériel de protection maritime.

Après le Fonds monétaire international (FMI) mi-avril, la Banque mondiale a suspendu cette semaine son aide de coopération au Mozambique, à la suite de la révélation d'emprunts cachés réalisés avec la garantie de l'Etat en 2013 et 2014 par trois entreprises privées à capitaux publics.

"Nous n'avons pas communiqué sur la dette en temps utile à notre peuple, à notre parlement, ni même au FMI comme nous aurions dû le faire", a admis le Premier ministre lors d'une conférence de presse à Maputo.

"Mais les conditions auxquelles le pays fait face sont atypiques, uniques au monde", a-t-il insisté. "Nous avons un parti d'opposition qui le jour est à l'assemblée et la nuit mène des attaques."

Depuis 2013, le gouvernement est aux prises avec la branche armée de la Renamo, l'ancienne rébellion de la guerre civile (1976-1992) devenue principal parti d'opposition, qui conteste la mainmise du parti au pouvoir sur l'appareil d'Etat et les principaux intérêts économiques.

Depuis les élections présidentielle et législatives d'octobre 2014 remportées par le Frelimo, au pouvoir depuis l'indépendance en 1975, et dont la Renamo conteste les résultats, les affrontements se sont intensifiés, et ont provoqué la fuite de 10.000 personnes au Malawi voisin au cours des quatre derniers mois.

"Communiquer sur des questions de souveraineté, des questions de sécurité de l'Etat dans ces conditions atypiques s'est révélé être une tâche très difficile", a affirmé Carlos Agostinho do Rosario, qui s'était rendu d'urgence la semaine dernière aux Etats-Unis pour rencontrer la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Le Premier ministre, au pouvoir depuis 2015, a également invoqué la transition entre le gouvernement de l'ex-président Armando Guebuza (2005-2015) et l'actuel chef de l'Etat Filipe Nyusi, pour justifier le temps mis par le gouvernement à communiquer sur ses dettes.

Il a précisé que la dette globale du pays était de 11,64 milliards de dollars au 31 décembre 2015, ce qui représente un bond de 65,3% à 81,7% du PIB mozambicain entre 2013 et 2015, selon l'entreprise d'analyses The Economist Intelligence Unit.

Ces éclaircissements très attendus au Mozambique interviennent alors que circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux des appels à manifester, visant à exiger l'arrestation du président de l'époque Armando Guebuza, perçu comme l'artisan de ces manoeuvres financières douteuses.

La police a fait savoir qu'elle réprimerait toute manifestation non autorisée et a déployé jeudi des contingents armés et des blindés sur les principales artères de Maputo, selon plusieurs médias locaux.

AFP

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