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Entre rire et larmes, Kinshasa accueille la dépouille de la star Papa Wemba

Plusieurs dizaines de milliers de fans ont accueilli avec émotion jeudi à Kinshasa la dépouille du roi de la rumba congolaise, Papa Wemba, mort dimanche matin en plein concert à Abidjan.

Une marée humaine, tous âges confondus, a assailli le cortège funèbre sur le trajet de l'aéroport au centre de Kinshasa: vingt kilomètres parcourus en quatre longues heures sous la canicule tropicale. Lamentations pour les uns, chants à la gloire de l'icône perdue pour les autres. Trajet à pied pour les plus solides, accrochages acrobatiques aux bus bondés pour les autres.

C'est dans la matinée, à 09H35 (08H35 GMT), qu'a atterri l'Airbus A320 de la compagnie aérienne Congo Airways à l'aéroport de Ndjili, ramenant le corps du chanteur décédé soudainement moins d'une demi-heure après sa montée sur scène.

Pour cet accueil de star, le Premier ministre congolais lui-même, Augustin Matata Ponyo, et le président de l'Assemblée nationale Aubin Minaku avaient fait le déplacement, accueillant à la descente d'avion le cercueil blanc recouvert du drapeau de la RDC et suivi par un prêtre catholique.

Avec eux, officiels, parents, fans, chefs coutumiers et autres admirateurs de l'icône de la rumba congolaise se sont pressés pour suivre le corbillard orné du drapeau de la RDC et rendre hommage au musicien originaire de la province de Sankuru, dans le centre du pays.

Tout le long du parcours on remarquait des adeptes de la SAPE (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), mouvement dont Papa Wemba - véritable dandy habillé par les grands couturiers - a été l'un des initiateurs dans les années 1970. Depuis, ce mouvement a été élevé au rang de "religion" par ses partisans, vêtus majoritairement en noir.

Perchés sur leurs véhicules, canne à la main ou pipe accrochée aux lèvres, les adeptes de la "religion kitendi" (morceau d'étoffe, en lingala), habillés de façon extravagante, s'arrêtaient de temps en temps, exhibant leurs vêtements et chaussures au grand bonheur du public.

- "Le roi est mort, vive le roi!" -

"Nous sommes venus rendre hommage au roi de la Sape", "la sape ne tombera jamais", "le roi est mort, vive le roi", lançaient certains avec un brin d'orgueil, sous un soleil de plomb, volant la vedette aux danseurs folkloriques et à la musique traditionnelle qui avaient investi pendant plus de trois heures l'aéroport avant l'arrivée  de la dépouille de l'artiste.  

Annia Matukutane, ancienne danseuse de Papa Wemba, aujourd'hui patronne d'une école de danse à Kinshasa, a promis de "garder l'héritage" reçu de son maître: "l'amour de la bonne musique et de la danse". "Nous continuerons à le faire de façon élégante", promet-elle.

Le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Kouakou, venu accompagner la dépouille, a salué la mémoire de Papa Wemba, "un grand homme de culture, mort le micro à la main, l'arme à la main", indiquant que "la nouvelle du décès de Papa Wemba a été un séisme" en Côte d'Ivoire. Selon lui, Abidjan a fait en sorte que "cette nouvelle ne détériore pas les relations entre la Côte d'Ivoire et le Congo en raison de la qualité de la personne qui est décédée".

Voix haut perchée et personnalité flamboyante, Papa Wemba est mort sur scène dimanche vers 5 heures du matin, après s'être effondré en plein concert à Abidjan, où il participait au Festival des musiques urbaines d'Anoumabo (Femua), un quartier populaire.

Un des chanteurs africains les plus populaires depuis 40 ans, Papa Wemba fut une des grandes figures de la rumba congolaise. "Nous allons perpétuer son héritage", promettait jeudi le "sapeur" Djef Lokadi.

Le corps de l'artiste est conservé à l'hôpital du Cinquantenaire en face de la base logistique de l'armée congolaise.

Le gouvernement congolais avait mis en garde mercredi la population contre toute "récupération politique" pendant ce deuil. 

Selon le Ministre congolais de la Culture, Banza Mukalay, le corps sera exposé lundi au Palais du peuple pour des hommages populaires avant l'enterrement mardi dans un cimetière de la périphérie de Kinshasa.

AFP

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