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Soudan du Sud: Riek Machar attendu

Après plusieurs jours d'atermoiements qui ont provoqué l'exaspération de la communauté internationale, le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar devrait enfin arriver mardi à Juba pour y prendre ses fonctions de vice-président, dans le cadre d'un processus de paix destiné à sortir le pays d'une guerre civile dévastatrice.

M. Machar était initialement attendu le 18 avril à Juba, où il doit former un gouvernement de transition avec son rival, le président Salva Kiir, conformément à l'accord de paix signé le 26 août 2015 pour mettre fin à la guerre débutée en décembre 2013.

Mais son retour a chaque jour été repoussé, la rébellion et le gouvernement ne parvenant pas à s'accorder sur des détails comme la quantité d'armes que la garde rapprochée de M. Machar pouvait emporter avec elle dans la capitale.

Devant l'insistance des partenaires internationaux, consternés par ces querelles, un accord a finalement été scellé qui a débouché sur l'arrivée lundi à Juba du chef d'état-major de la rébellion, Simon Gatwech Dual, accompagné d'une centaine de soldats.

"Nous sommes ici pour mettre en ½uvre l'accord de paix", a déclaré en sortant de l'avion M. Gatwech, qui venait de Gambella, dans l'ouest de l'Ethiopie. M. Machar devait faire le même trajet mardi.

"Le premier vice-président de la République du Soudan du Sud Riek Machar Teny-Dhurgon arrivera aujourd'hui (mardi) à Juba", autour de 11H00 GMT, a confirmé la rébellion dans un communiqué officiel.

- Prestation de serment -

Il devrait immédiatement se rendre au palais présidentiel pour prêter serment. De hauts responsables de l'Union africaine (UA) et l'ancien président botswanais Festus Mogae, qui préside la Commission de surveillance et d'évaluation (JMEC) de l'accord de paix, devraient assister à la cérémonie.

Riek Machar avait déjà occupé le poste de vice-président entre juillet 2011 - date de l'indépendance - et juillet 2013, quand il avait été démis de ses fonctions par Salva Kiir.

Le Soudan du Sud a plongé dans la guerre civile en décembre 2013 quand des combats ont éclaté au sein de l'armée nationale, minée par des dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité entre les deux hommes.

Le conflit, notamment marqué par des massacres à caractère ethnique, des viols et des tortures, a fait des dizaines de milliers de morts (le bilan exact reste inconnu) et plus de 2,3 millions de déplacés.

Même si le retour de M. Machar à Juba est considéré comme une condition sine qua non à la mise en ½uvre de l'accord de paix, il sera loin de tout régler. Le feuilleton des derniers jours montre à quel point la défiance est grande entre les deux camps.

- Tension à Juba -

M. Mogae a ainsi déjà averti que "la formation d'un nouveau gouvernement ne serait pas en soi la panacée". Le ressentiment entre MM. Machar et Kiir est évident. Et l'un comme l'autre ne maîtrisent pas complètement les éléments les plus radicaux de leur propre camp.

Malgré la signature de l'accord de paix, les affrontements n'ont jamais cessé. Les combats opposent aussi de nombreux groupes armés aux intérêts souvent locaux et qui ne s'estiment pas soumis aux accord écrits.

La tension est grande à Juba, que le moindre incident pourrait enflammer. La rébellion y a récemment fait revenir 1.370 soldats et policiers armés, qui font désormais face aux 3.420 hommes du gouvernement, selon les termes de l'accord de paix.

Le reste des troupes, gouvernementales et rebelles, n'est pas autorisé dans un rayon de 25 km autour de la capitale.

Washington a mis la pression dimanche sur MM. Kiir et Machar. "Le monde entier attend d'eux qu'ils respectent leur parole et qu'ils mettent en ½uvre l'accord qu'ils ont signé en août dernier", a déclaré l'envoyé spécial américain au Soudan du Sud Donald Booth.

AFP

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