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Soudan du Sud: Riek Machar a manqué la date butoir fixée pour son retour

Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar a affirmé ne pas avoir reçu samedi l'autorisation gouvernementale d'atterrir à Juba, manquant ainsi la date limite fixée par la communauté internationale pour son retour dans la capitale du Soudan du Sud, où il doit devenir vice-président en vertu d'un accord de paix.

Selon des diplomates, la vérification par des observateurs internationaux de la quantité d'armes emportées par la garde rapprochée du chef rebelle, mesure réclamée par le gouvernement de Juba avant le retour de M. Machar, avait été faite.

"Je suis très déçu", a déclaré M. Machar à l'aéroport de Gambela, dans l'ouest de l'Ethiopie, près de la frontière avec le Soudan du Sud, d'où il doit rejoindre Juba. Portant une chemise orange plutôt qu'un treillis militaire, il a dit espérer pouvoir se rendre lundi dans la capitale sud-soudanaise.

"Nous n'avons pas reçu l'autorisation d'atterrir à Juba, ni pour aujourd'hui, ni demain", a assuré Riek Machar à des journalistes. "Le gouvernement fait traîner les choses", a-t-il ajouté, précisant qu'il retournerait pour le reste du week-end à Pagak, de l'autre côté de la frontière.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a exhorté vendredi le chef rebelle à rentrer à Juba "sans délai" tandis que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège, qui surveillent le processus de paix, ont réclamé son retour d'ici samedi.

Le gouvernement, qui avait indiqué qu'il donnerait son feu vert à M. Machar dès la vérification des armes effectuées, n'avait pas réagi dans l'immédiat.

- Rivalités -

Riek Machar est en fait attendu depuis lundi à Juba, où il doit former un gouvernement de transition avec le président Salva Kiir dans le cadre d'un accord de paix, signé le 26 août 2015, devant sortir le pays d'une guerre civile de plus de deux ans.

Mais ce retour a été sans cesse repoussé, achoppant notamment sur la quantité d'armements que la garde rapprochée de M. Machar pouvait emporter avec elle dans la capitale.

Les deux camps s'étaient finalement mis d'accord vendredi sur 195 soldats et collaborateurs, qui apporteront, en plus de leurs AK-47, 20 mitrailleuses et 20 lance-roquettes. Le gouvernement du président Kiir avait indiqué qu'il vérifierait au départ de l'appareil que les clauses de l'accord étaient respectées.

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, a plongé dans la guerre civile en décembre 2013 où des combats ont éclaté au sein de l'armée nationale, minée par des dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité Kiir-Machar.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts (le bilan exact reste inconnu) et plus de 2,3 millions de déplacés. Tant le gouvernement que l'opposition ont été accusés d'avoir perpétré des massacres à caractère ethnique, des viols, des tortures, des meurtres, d'avoir recruté des enfants pour en faire des soldats et d'avoir provoqué des déplacements forcés de populations.

S'adressant à la presse à Gambela, M. Machar a dit ignorer comment il serait accueilli à Juba, capitale contrôlée par son rival Salva Kiir. Il n'y a plus mis les pieds depuis le début du conflit.

-"Obstacle à l'accord de paix"-

Plus tôt dans la journée, le ministre sud-soudanais de l'Information Michael Makuei avait dit s'attendre à ce que M. Machar arrive lundi à Juba. "Il n'y aura pas de retour aujourd'hui".

Le porte-parole de M. Machar, Najri Oman, avait ensuite affirmé que le chef rebelle "est venu jusqu'à l'aéroport de Gambela, cela montre que nous sommes prêts à aller à Juba". "Si nous n'y allons pas, les gens sauront qui est l'obstacle à l'accord de paix".

Le retour prévu de Riek Machar à Juba suscite un fragile espoir de règlement du conflit, mais les difficultés du gouvernement et de l'opposition à s'accorder sur les conditions de ce retour illustrent la défiance profonde qui les oppose et augurent mal de l'avenir.

La situation est d'autant plus tendue à Juba que conformément à l'accord de paix, la rébellion y a récemment fait revenir 1.370 soldats et policiers armés qui font désormais face à 3.420 hommes de l'armée gouvernementale. Le reste des troupes, gouvernementales et rebelles, n'est pas autorisé dans un rayon de 25 km autour de la capitale.

AFP

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