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Gabon: des biens immobiliers de la famille Bongo saisis par la justice en France

Des biens immobiliers à Paris et Nice, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo, ont récemment été saisis par les juges d'instruction qui enquêtent sur les conditions d'acquisition de riches patrimoines en France par plusieurs chefs d'Etat africains, a appris l'AFP vendredi de sources concordantes.

Les juges ont saisi une société civile immobilière, la SCI Emeraude, selon des sources judiciaire et proche du dossier. Selon plusieurs sources, cette SCI est propriétaire d'une villa à Nice et d'un hôtel particulier à Paris, rue Dosnes (XVIe arrondissement).

Cette enquête dite des "biens mal acquis" a pour origine les plaintes déposées à partir de 2007 par plusieurs associations anticorruption, comme Sherpa ou Transparency International, qui dénonçaient des détournements de fonds publics leur ayant permis de se constituer d'importants patrimoines en France de la part de chefs d'Etats africains ou de leurs entourages, au Gabon, présidé à l'époque par Omar Bongo, au Congo et en Guinée-Equatoriale.

Des saisies ont déjà eu lieu concernant la famille de Denis Sassou Nguesso, qui est depuis plus de 30 ans à la tête du Congo, et celle du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, mais il s'agit des premières concernant le Gabon, selon le président de Sherpa, Me William Bourdon, interrogé par l'AFP.

"Enfin le chapitre Bongo s'ouvre. Il ne fait que commencer. Le triptyque va s'achever", s'est félicité Me Bourdon, qui est également l'avocat de Transparency International France.

L'un des avocats du Gabon, Me Pierre Haïk, n'a pas confirmé l'information et n'a pas fait de commentaires.

Selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance, la SCI Emeraude avait été créée en 1997. Omar Bongo, décédé en 2009, son épouse Edith, également décédée, et une fille d'Omar Bongo, Pascaline, en ont détenu des parts.

Cette SCI avait acquis l'hôtel particulier de la rue Dosnes pour 23 millions de francs (3,5 millions d'euros) et la villa Saint-Ange à Nice en 1999 pour 11,5 millions de francs (1,75 million d'euros environ), selon ces éléments de l'enquête.

Les juges d'instruction, aidés par les enquêteurs de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), ont listé de nombreux autres biens appartenant à la famille Bongo.

Selon un document sur les "biens mal acquis" publié en 2009 par Transparency International France, la famille Bongo et ses proches possédaient à l'époque en France "33 propriétés, la plupart dans les quartiers les plus chics de Paris, les autres sur la Côte d'Azur".

AFP

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