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Soudan du Sud: le chef rebelle Riek Machar reporte d'un jour son retour

Le chef de la rébellion sud-soudanaise Riek Machar a repoussé à mardi son retour à Juba, où il doit prendre ses fonctions de vice-président, une étape incontournable pour la mise en oeuvre concrète d'un accord de paix jusqu'ici continuellement violé par les belligérants.

Riek Machar devait initialement revenir lundi à Juba. Son arrivée à été reportée d'une journée en raison de "problèmes logistiques", selon un de ses porte-paroles, William Ezekiel, qui a insisté sur le fait que la rébellion restait "engagée envers le processus de paix".

Le retour programmé de Riek Machar à Juba suscite un fragile espoir de règlement d'une guerre civile débutée en décembre 2013, et qui a fait des dizaines de milliers de morts (le bilan exact est inconnu) et plus de 2,3 millions de déplacés.

Dans Juba, des panneaux d'affichage annoncent le retour de Riek Machar, qui doit reprendre ses anciennes attributions de vice-président. Il avait déjà occupé ce poste entre juillet 2011 - date de l'indépendance - et juillet 2013, quand il en avait été démis par le président Salva Kiir.

Salva Kiir a réinstallé son rival à ce poste en février, permettant la relance de l'accord de paix signé le 26 août 2015, et qui prévoyait un cessez-le-feu et un mécanisme de partage du pouvoir.

"Réconcilier, unifier la nation", peut-on lire sur un panneau situé dans une rue poussiéreuse de la capitale, au-dessus des visages souriants des deux dirigeants, qui vont devoir former un gouvernement de transition.

Le retour de Riek Machar, qui n'a plus remis les pieds à Juba depuis le début du conflit, est d'abord symbolique. Car la route menant à la pleine application de l'accord de paix est semée d'embûches.

- Juba sous tension -

Son arrivée "permettra la formation d'un gouvernement de transition, l'étape la plus importante dans la mise en oeuvre de l'accord de paix", estime Casie Copeland, de l'International Crisis Group (ICG), tout en prévenant que cela ne mettra pas fin au conflit.

Malgré la signature de l'accord de paix, les affrontements n'ont jamais cessé. Les combats opposent aussi à présent de nombreux groupes armés aux intérêts souvent locaux et qui ne s'estiment pas soumis aux accord écrits.

A Juba même, les tensions sont vives avant cette semaine cruciale. La peur le dispute à l'espoir.

Conformément à l'accord de paix, 1.370 soldats et policiers rebelles y sont revenus pour garantir la sécurité de Riek Machar. L'armée gouvernementale affirme, elle, n'avoir conservé dans la ville que les 3.420 soldats auxquels elle a droit.

Ces soldats sont répartis dans différents camps disséminés dans et autour de Juba. Le restant des troupes, gouvernementales et rebelles, n'est pas autorisé dans un rayon de 25 km autour de la capitale.

La rébellion a accusé l'armée d'avoir acheminé un surplus de troupes dans la ville, en violation de l'accord. Cette dernière a démenti.

Les forces de maintien de la paix des Nations unies s'appuient au Soudan du Sud sur 11.000 soldats, dont une grande partie assure la sécurité des civils réfugiés dans les huit bases onusiennes du pays.

- Armés jusqu'aux dents -

Tant le gouvernement que l'opposition ont été accusés d'avoir commis des massacres à caractère ethnique, des viols, des tortures, des meurtres, d'avoir recruté des enfants et d'avoir provoqué des déplacements forcés de populations.

"Cela demandera beaucoup d'application de la part des forces de sécurité du gouvernement, de l'opposition et de l'ONU" pour éviter un affrontement, estime l'expérimenté journaliste Jacob Akol dans un éditorial pour Gurtong, une initiative de promotion de la paix.

"Les deux camps sont armés jusqu'aux dents (...) Si des combats devaient éclater dans Juba, il faudrait s'attendre à ce qu'ils se prolongent", prévient-il.

Riek Machar, qui avait dit l'an passé que la paix serait impossible tant que Salva Kiir serait au pouvoir, doit arriver à Juba en provenance de sa base de Pagak, dans l'est du pays, à la frontière avec l'Ethiopie.

Il devrait ensuite prêter serment comme vice-président lors d'une cérémonie à laquelle devraient assister l'ex-président malien Alpha Oumar Konaré, qui représentera l'Union africaine (UA), et l'ancien chef d'Etat botswanais Festus Mogae, qui préside la Commission de surveillance et d'évaluation (JMEC) de l'accord de paix.

D'ordinaire plutôt optimiste, M. Mogae a averti que "la formation d'un nouveau gouvernement ne serait pas en soi la panacée".

AFP

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