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Congo: après les troubles

Le chef de l'État congolais Denis Sassou Nguesso a démis de ses fonctions à la présidence un ancien rebelle rallié au pouvoir et accusé par le gouvernement d'avoir commandité une "attaque terroriste" sur les quartiers sud de Brazzaville lundi, a-t-on appris jeudi de source officielle.

"Il est mis fin aux fonctions de M. Frédéric Ntumi Bintsamou en qualité de délégué général auprès du Président de la République, chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre", indique un décret présidentiel signé du 6 avril et transmis à l'AFP par l'entourage de M. Sassou Nguesso.

Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi (l'"Envoyé" en langue lari) était le chef des Ninjas Nsiloulou, milice ayant combattu les autorités de Brazzaville de 1998 à 2003 dans la région du Pool (sud du Congo).

A la suite d'un accord de paix l'autorisant à conserver 75 hommes armés pour assurer sa sécurité, il avait été nommé par décret en 2007 à son poste auprès du chef de l'État. 

En vue de la présidentielle du 20 mars, le pasteur Ntumi a fait campagne pour le candidat d'opposition Guy-Brice Parfait Kolélas, originaire du Pool comme lui.

Le gouvernement a affirmé mardi disposer de "preuves accablantes" de "l'implication active" de M. Bintsamou dans les troubles survenus la veille peu avant la validation par la Cour constitutionnelle des résultats officiels de la présidentielle donnant M. Sassou Nguesso réélu pour cinq ans dès le premier tour avec plus de 60% des voix.

Lundi, les quartiers sud de Brazzaville, acquis à M. Kolélas, ont résonné d'avant l'aube jusqu'à la fin de l'après-midi de tirs d'armes automatiques ou lourdes ayant fait fuir des milliers d'habitants vers le nord.

Le gouvernement a accusé d'ex-miliciens Ninjas Nsiloulou d'avoir attaqué plusieurs bâtiments publics et affirme que 17 personnes (3 agents des forces de l'ordre, 2 civils et 12 assaillants) ont été tuées ce jour-là.

Arrivé deuxième de la présidentielle, avec plus de 15% de voix selon les résultats officiels, M. Kolélas, a joué l'apaisement mercredi en disant accepter "le verdict" de la Cour constitutionnelle, tout en continuant d'affirmer que le scrutin avait été entaché d'"irrégularités de tous genres".

Pour M. Kolélas, les événements de lundi sont une "mascarade" montée par les autorités "afin de tuer dans l'½uf toute contestation" qu'aurait pu susciter la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle.

AFP

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