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Les locaux de la société Mossack Fonseca à Panama. Crédit photo: RODRIGO ARANGUA / AFP
Les locaux de la société Mossack Fonseca à Panama. Crédit photo: RODRIGO ARANGUA / AFP

L'Afrique perd plus d'argent par l'évasion fiscale qu'elle n'en gagne avec l'aide internationale

De nombreux hommes d'affaires et personnages politiques africains sont cités dans les révélations du «Panama Papers».

Les 11,5 millions de fichiers qui proviennent des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation offshore et au centre des révélations du «Panama Papers», contiennent les noms de nombreux membres de «l'élite» économique et politique africaine. Comme l'explique le site américain Quartz, c'est une nouvelle illustration de l'importance de la fraude fiscale – à ne pas confondre avec l'optimisation fiscale, légale mais qui coûte aussi des milliards à l'économie africaine – pratiquée par de nombreuses grosses entreprises et riches particuliers en Afrique. 

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Mossack Fonseca, l'un des cinq plus gros cabinets spécialisées dans le business des comptes offshore, n'est en effet que l'un des multiples acteurs du marché, comme l'affirme sur Twitter Mathilde Dupré, spécialiste des paradis fiscaux.

Chaque année, l'Afrique perd entre 30 et 60 milliards de dollars via la fraude fiscale, selon les chiffres de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (Uneca). La principale plaque tournante de ces flux financiers illégaux sont les paradis fiscaux tels que Panama, les îles Vierges Britanniques ou les Seychelles, affirme l'Uneca dans son rapport. 

Si posséder une compagnie offshore n'est pas forcément illégal, la fraude fiscale se chiffre en dizaines de milliards de dollars au sein des paradis fiscaux. Selon Quartz, l'argent qui s'évade de manière illégale hors du continent africain est même plus élevé que le montant des aides internationales accordées à l'Afrique. «L'OCDE estime que les flux financiers illégaux qui s'échappent du continent sont trois fois supérieurs au montant de l'aide au développement perçue», rapporte Quartz.

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Les données du «Panama Papers» ont notamment révélé en Afrique que le secrétaire particulier du roi du Maroc Mohammed VI était le mandataire d'un compte offshore, comme l'ex-ministre sénégalais Karim Wade qui avait dissimulé faire du business avec une société de Dubaï alors qu'il était ministre.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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