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Viols en Centrafrique : trois casques bleus comparaissent en RDC

Trois soldats congolais ont comparu lundi devant la justice militaire à Kinshasa dans le premier procès lié au scandale des violences sexuelles éclaboussant la force onusienne de maintien de la paix en Centrafrique à s'ouvrir en République démocratique du Congo.

Les trois sous-officiers, anciens du contingent congolais de la Mission de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) sont apparus en veste bleue de prisonnier devant le tribunal militaire de Ndolo, prison militaire du nord de la capitale congolaise.

Au total, 21 soldats congolais doivent être jugés pour viols ou tentatives de viols sur des civils centrafricains par cette cour. Les 18 coaccusés étaient présents à l'audience.

"Le sergent Jackson Kikola est poursuivi pour viol sur [jeune fille] de 17 ans et pour violation des consignes [...] le sergent-major Kibeka Mulamba Djuma est poursuivi pour violation des consignes et viol", et "le sergent-major Nsasi Ndazu est poursuivi pour tentative de viol et violation des consignes", a déclaré le sous-lieutenant Ngoy Mposhi, officier du ministère public en donnant lecture de l'acte d'accusation.

Interrogés par le tribunal, les accusés ont rejetés ces accusations, déclarant qu'ils n'étaient pas coupables des faits qui leur sont reprochés.

"Pour ce procès, nous voulons la transparence absolue", a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice congolais, Alexis Thambwe Mwamba, "quelques individus ne peuvent discréditer notre armée".

A raison de trois audiences par semaines, le procès pourrait durer plusieurs mois.

L'ONU fait face depuis plusieurs mois à un scandale planétaire lié aux viols dont sont accusés des Casques bleus en opération dans des pays où ils sont censés protéger les populations.

Selon le dernier rapport annuel du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, 69 cas d'agression sexuels auraient été commis par des Casques bleus en 2015, en "nette augmentation" par rapport à 2014.

- "La fin de l'impunité" -

A elles seules, deux missions cumulent la moitié des cas: la Minusca et la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

Selon les règles onusiennes, seuls les pays fournisseurs de soldats aux missions sont habilités à sanctionner pénalement les coupables.

Interrogée par l'AFP, Ida Sawyer, de l'organisation Human Rights Watch (HRW) en RDC a estimé que l'ouverture du procès à Ndolo était "une première et bonne étape pour la fin de l'impunité et pour montrer qu'il y a des conséquences à ce type de comportements".

Rappelant qu'il n'y a avait pas que des militaires congolais accusés d'agressions sexuelles en Centrafrique, elle a appelé tous les pays concernés à prendre "très au sérieux" les accusations visant leurs soldats afin que soit rendue une "vraie justice".

Pour Venance Kalenga, qui a assisté à l'audience comme observateur pour l'ONG de défense des droits de l'Homme congolaise Action pour l'accès à la justice (ACAJ), "l'absence des victimes constitue un obstacle majeur dans la manifestation de la vérité".

A l'issue des travaux d'une commission d'enquête dépêchée en Centrafrique en août 2015, la justice militaire congolaise avait classé sans suite une première série de plaintes contre des Casques bleus originaires de RDC.

Après de nouvelles mises en causes visant certains de ses soldats le contingent de la RDC au sein de la Minusca a été rapatrié par étapes. Depuis la fin de cette opération fin février, des hommes de ce contingent ont été visés par huit nouvelles accusations de violences sexuelles (dont sept sur mineurs).

bleus

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