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Karim Wade, le 15 novembre 2012 à Dakar. Crédit photo: SEYLLOU / AFP
Karim Wade, le 15 novembre 2012 à Dakar. Crédit photo: SEYLLOU / AFP

Les révélations du «Panama Papers» mouillent encore un peu plus Karim Wade

Alors ministre, le fils de l'ex-président sénégalais avait noué via une société offshore un contrat avec la société gérante du port de Dubaï.

Parmi les 11,5 millions de fichiers qui proviennent des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore entre 1977 et 2015 et au centre des révélations du «Panama Papers», il y a évidemment de nombreux noms africains: des dirigeants politiques mais aussi des hommes d'affaires. Parmi eux, on retrouve le secrétaire particulier de Mohammed VI, le milliardaire gabonais Seydou Kane, mais aussi Karim Wade, le fils de l'ancien président sénégalais Aboudlaye Wade, comme le révèle le Réseau africain des centres pour le journalisme d'enquête (Ancir) en partenariat avec le site ouest-africain Ouestaf.com.

Enrichissement illicite

Depuis mars 2015, Karim Wade, le fils de l'ancien président du Sénégal, purge avec plusieurs co-accusés une peine de cinq ans de prison pour enrichissement illicite prononcée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Mais dans cette affaire, les enquêteurs n'avaient pas pu remonter à l'origine de tous les montages financiers opaques au travers desquels le fils d'Abdoulaye Wade avait dissimulé de l'argent. L'analyse de certaines données du «Panama Papers» par Ouestaf.com a permis de lever un voile sur certaines informations inconnues des enquêteurs sénégalais. 

«La lecture de documents confidentiels de la firme Mossack Fonseca apporte un nouvel éclairage à l’affaire, avec la preuve que Mamadou Pouye, l’ami d’enfance de Karim Wade est le propriétaire de trois sociétés offshore, Seabury Inc, Regory Invest et Latvae Inc, toutes créées grâce à Mossack Fonseca (MF), cabinet de conseil panaméen disposant de bureaux dans 44 pays», écrit Ouestaf.com.

Une activité «hautement secrète»

Surtout, les documents exploités – et estampillés «secrets et hautement confidentiels» – ont permis d'établir avec certitude que la société offshore Seabury avait ficelé un contrat de plusieurs millions de dollars avec Dubai Port World (DP World): la preuve de la relation d'affaires entre Karim Wade et la société de Dubaï. 

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«Sur la base d’un premier contrat de "consulting et de conseil", 7,2 millions d’Euros (plus de 4,7 milliards FCFA) ont atterri dans le compte de Seabury. "Satisfait" des services rendus, DP World est revenu à la charge pour un contrat de "conseil" couvrant la période 2013-2015 portant "exclusivement" sur ses intérêts  en Afrique», ajoute Ouestaf.com.

Seabury a été créé uniquement dans le cadre du business avec DP World. «Elle a été créée en 2008, soit un an après le contrat signé entre l’Etat sénégalais et DP World pour l’exploitation du terminal à container du port autonome de Dakar», note Ouestaf.com. En avril 2009, Karim Wade devenait ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Mais il continuera à mener en parallèle de son poste de ministre ce business «hautement secret» avec DP World. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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