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La Tunisie

Désertée par les touristes occidentaux depuis les attentats de Tunis et de Sousse l'an dernier, la Tunisie espère sauver sa saison estivale grâce à une offensive de séduction auprès des voyagistes européens, menée par son Office national du tourisme, dont le directeur était à Paris cette semaine.

"C'est le bon moment pour rencontrer les professionnels du tourisme en France et pour reprendre une démarche de communication sincère", a déclaré à l'AFP, Abdellatif Hamam, directeur de l'Office national du tourisme tunisien (ONTT).

M. Hamam précise avoir rencontré les dirigeants du Syndicat national des agences de voyages (Snav) à Avignon, à l'occasion du salon professionnel Ditex, ainsi que plusieurs tour-opérateurs.

Ces contacts ont permis de vérifier que "la destination Tunisie est confirmée pour les professionnels", qui "ont toujours gagné de l'argent sur cette destination" et restent convaincus qu'"il y a du business à faire" dans ce pays, assure-t-il.

Pressentant que "cette année la demande va s'exprimer de façon tardive", l'ONTT prépare une "mission d'expertise" consistant à emmener des voyagistes et des journalistes français constater sur place l'amélioration de la situation sécuritaire et des infrastructures touristiques tunisiennes.

- "Eductour" -

Ce déplacement se fera avant la fin mai, tandis qu'une campagne de communication auprès du grand public sera diffusée entre temps "pour susciter la curiosité", explique M. Hamam. En outre, une centaine d'agents de voyages français participeront fin mai à un "éductour", pour tester les offres d'hébergement locales.

La France n'est pas le seul pays visé: début mars, plus de 400 agents de voyages russes ont ainsi pris part à un "éductour" à Djerba, et d'autres sont déjà programmés à Hammamet, ou encore à Sousse.

La Tunisie accueillera aussi en avril un congrès des agents de voyages hongrois, ainsi qu'un "méga éductour d'agents de voyages algériens", énumère le directeur de l'ONTT, qui a également fait le déplacement au salon ITB à Berlin début mars pour sonder les voyagistes allemands.

L'enjeu est crucial pour la Tunisie, dont 7% du produit intérieur brut (PIB) est directement généré par le secteur du tourisme, durement affecté par les attentats de 2015: les recettes du secteur ont chuté d'un tiers l'an dernier, le nombre de visiteurs européens plongeant de plus de moitié.

Les touristes ont été les principales cibles des attaques du musée du Bardo, à Tunis, ou 21 étrangers et un policier ont été tués le 18 mars, et de Sousse, ou 38 personnes dont 30 Britanniques ont été abattus sur une plage et dans un hôtel le 26 juin.

Londres déconseille depuis à ses ressortissants tout déplacement non impératif en Tunisie, le voyagiste Thomas Cook ayant même annulé ses vols depuis le Royaume-Uni jusqu'à fin octobre 2016.

Son concurrent français Marmara, filiale du britannique TUI Travel, a pour sa part fermé ses deux clubs à Djerba pendant la saison hivernale et planifié une réduction drastique de son offre au Maghreb cet été.

La compagnie nationale Tunisair a néanmoins annoncé la réouverture à comter du jeudi 14 avril de la ligne reliant Paris à Tozeur, chef-lieu de l'est du pays, proche de la frontière avec l'Algérie.

AFP

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