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ONU: Paris et Washington s'opposent sur une présence policière au Burundi

La France restait confrontée vendredi aux réticences des Etats-Unis sur sa proposition de résolution, soumise au Conseil de sécurité, visant à ouvrir la voie à une présence policière de l'ONU chargée d'apaiser les violences au Burundi, selon des diplomates.

Aucun vote n'était prévu pour vendredi après-midi, avait indiqué à la mi-journée l'ambassadeur de Chine auprès des Nations unies, Liu Jieyi, qui tient la présidence tournante du Conseil en avril, ajoutant simplement qu'il serait organisé "dès que le texte sera prêt". 

Paris a demandé au Conseil de se prononcer vendredi sur ce texte mais les représentants américains ont clairement dit qu'ils ne comptaient pas le soutenir, ont rapporté des diplomates sous couvert d'anonymat.

"Nous sommes très, très proches d'un consensus", a pourtant assuré l'ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre, dans l'après-midi.

"Nous savons que c'est difficile. Nous savons qu'il y a de nombreuses positions autour de la table", a-t-il reconnu, soulignant que "beaucoup de choses sont en jeu".

Les Etats-Unis se sont plaints de la façon - trop hâtive à leurs yeux - dont la proposition a été soumise au Conseil et ont réclamé davantage de temps pour pouvoir l'étudier, avaient indiqué plus tôt des diplomates. 

Washington s'inquiète notamment du langage jugé trop imprécis d'une partie de la résolution appelant les Nations unies à aider le Burundi sur les questions de "désarmement, sécurité et l'état de droit".

Cette clause pourrait ouvrir la porte à un soutien gênant, selon Washington, car le gouvernement burundais a lancé une campagne de désarmement contre des partisans de l'opposition qui a été marquée par la violence.

"Je ne pense pas que l'on veuille voir l'ONU travailler avec le gouvernement du Burundi sur le désarmement", a souligné un diplomate du Conseil de sécurité. 

- Présence policière internationale -

La proposition française de résolution exige du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qu'il tienne des pourparlers avec le gouvernement burundais et l'Union africaine concernant une présence policière internationale dans le pays, puis qu'il propose différentes options au Conseil de sécurité dans un délai de 15 jours.

Le texte, dont l'AFP a obtenu copie jeudi, prévoit notamment "le déploiement d'une contribution policière onusienne pour accroître la capacité des Nations unies à suivre la situation sécuritaire, promouvoir le respect des droits de l'homme et à faire avancer l'état de droit". Il ne précise toutefois pas l'ampleur du déploiement policier prévu.

La résolution appelle également à renforcer l'équipe du médiateur de l'ONU au Burundi, Jamal Benomar.

L'ambassadeur adjoint russe Petr Iliichev, avait affirmé jeudi soir que son pays soutiendrait la résolution si elle prévoyait clairement de consulter le gouvernement burundais. Il a précisé que le déploiement de moins d'une centaine de policiers lui semblait adéquat pour appuyer les forces de sécurité burundaises.

Le Burundi est plongé depuis près d'un an dans une crise politique profonde, née de la volonté du président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir pour un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet.

Les violences ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 250.000 personnes à quitter le pays.

"Beaucoup de Burundais vivent dans la terreur", avait affirmé la semaine dernière le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein. Lors d'une récente visite dans des centres de détention de la capitale Bujumbura, des experts de l'ONU ont notamment constaté que près de la moitié des détenus avaient été torturés ou gravement maltraités.

AFP

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