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Union africaine: Nkosazana Dlamini-Zuma ne briguera pas de second mandat

La présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, ne briguera pas de second mandat et quittera son poste à la tête de l'organisation panafricaine en juillet, au terme d'un mandat de quatre ans au bilan mitigé.

"Nkosazana Dlamini-Zuma n'a pas présenté de candidature", a déclaré vendredi à l'AFP son porte-parole Jacob Enoh Eben. Les candidats à la tête de l'UA avaient jusqu'à jeudi soir minuit pour soumettre leur candidature. 

Le successeur de Mme Dlamini-Zuma sera désigné lors du prochain sommet de l'UA, en juillet à Kigali, ainsi que son adjoint et les huit commissaires de la Commission.

Parmi les possibles successeurs, le nom du ministre algérien des Affaires étrangères et ancien Commissaire de l'UA pour la Paix et la Sécurité, Ramtane Lamamra, a longtemps circulé. 

Mais les pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) sont déterminés à conserver la présidence de la Commission et ont avancé le nom de la ministre des Affaires étrangères du Botswana, Pelonomi Venson-Moitoi.

L'UA ne dévoilera officiellement les noms des candidats retenus qu'à la mi-avril.

- Candidate à la présidence sud-africaine? -

Nkosazana Dlamini-Zuma, 67 ans, ancienne épouse du président sud-africain Jacob Zuma et à qui l'on prête l'ambition de succéder à son mari en Afrique du Sud, a été la première femme à accéder à la tête de l'UA.

Elle avait été élue pour quatre ans en juillet 2012. Elle l'avait emporté face au président sortant de la Commission, le Gabonais Jean Ping, au terme d'une lutte de plusieurs mois qui avait divisé l'organisation.

Son élection, fruit d'un intense lobbying, avait été fêtée à Pretoria comme un grand succès de la diplomatie sud-africaine.

Quant à une possible candidature à la présidence sud-africaine, l'analyste sud-africain Prince Mashele confirme qu'elle "a été citée comme un des candidats potentiels pour l'ANC", le Congrès national africain, parti du président Zuma.

"Je pense qu'elle pourrait être présidente. Enfin, tout le monde le pourrait, lorsqu'on voit que Jacob Zuma a été élu, je suis sûr qu'elle ferait un meilleur travail", commente M. Mashele. "Mais elle n'a rien de spécial qui me ferait conclure qu'elle est la meilleure candidate".

Pour être élue, elle devra "mener campagne auprès des factions de l'ANC et bénéficier de soutiens puissants au sein du parti", avertit-il. "Même si vous êtes le plus talentueux des leaders, vous ne serez jamais président sans le soutien d'une faction. C'est comme cela que ça fonctionne à l'ANC".

- Un bilan qui divise -

A la présidence de la Commission, Mme Dlamini-Zuma, une militante issue de la lutte contre l'apartheid, a lancé un vaste projet de transformation de l'Afrique baptisé "Agenda 2063" et plaidé pour une meilleure intégration économique du continent.

"Elle a ouvert le débat sur quelle Afrique nous voulons pour les 50 prochaines années. Elle a clairement pris partie contre le non-respect des Constitutions en Afrique. Elle a rehaussé l'image de l'Union africaine", assure Jacob Enoh Eben.

Mais le bilan de Mme Dlamini-Zuma divise le corps diplomatique africain au sein duquel certains lui reprochent de ne pas avoir suffisamment porté la voix de l'UA sur le continent, et de ne pas s'être suffisamment impliquée dans la réforme de l'organisation.

Son départ est "une très bonne chose pour l'UA. Elle n'a jamais été bien ici. Elle n'était de toute façon jamais là", peste un ambassadeur francophone, résumant un sentiment souvent partagé par les diplomates en poste à l'UA.

"Le poste de président de la Commission doit être un poste charismatique pour se faire entendre sur l'ensemble du continent. Ses prises de paroles sur les questions clés du continent ont été très limitées et souvent tardives", regrette Désiré Assogbavi, le représentant de l'ONG Oxfam auprès de l'UA.

"L'agenda 2063 est un actif important de son mandat, mais la transformation annoncée de la Commission de l'Union Africaine pour un meilleur rendement n'a malheureusement pas eu lieu", ajoute-t-il.

AFP

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