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Enquête sur Shell soupçonné de corruption au Nigeria

Le parquet de Milan, dans le nord de l'Italie, et le Parquet national anti-fraude néerlandais enquêtent sur le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell soupçonné de corruption au Nigeria, écrit mercredi le principal quotidien italien Corriere della Sera.

Dans le cadre de cette affaire, les deux parquets ont créé une "équipe commune d'enquête". Quelque 50 policiers, dont certains venant d'Italie, ont perquisitionné le 17 février le siège de Shell à La Haye, selon la même source.

Le parquet de Milan était injoignable mercredi pour un commentaire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon le Corriere, Shell a brièvement indiqué le 10 mars au gendarme boursier américain SEC que "les autorités de divers pays enquêtent sur notre investissement dans le bloc pétrolier Opl-245 au Nigeria".

Le parquet de Milan soupçonne Shell de "corruption internationale" aux côtés du groupe énergétique italien ENI.

Cette affaire est la suite d'une enquête lancée en 2014 par le parquet milanais contre plusieurs hauts dirigeants d'ENI dans l'acquisition, par le pétrolier italien associé à Shell, des droits d'exploitation d'un champ pétrolier au Nigeria, appelé Opl-245, au prix de 1,29 milliard de dollars, dont 200 millions payés par Shell.

En vertu de l'accord, ENI avait payé cette somme au gouvernement nigérian qui en avait transféré la majeure partie à la société Malabu Oil and Gas, première détentrice des droits d'exploitation sur le champs Opl-245. Or, cette société est soupçonnée de servir de prête-nom à l'ancien ministre nigérian du Pétrole, Dan Etete.

L'affaire a connu un rebondissement l'année dernière quand un intermédiaire nigérian, Emeka Obi, a poursuivi M. Etete devant les tribunaux britanniques en lui reprochant de ne pas lui avoir versé ses commissions pour son rôle, jugé décisif, dans la vente d'Opl-245 à ENI et Shell, obtenant la saisie de comptes suisses et britanniques pour un montant d'environ 190 millions de dollars.

Cette décision judiciaire britannique avait alors entraîné l'ouverture d'une enquête pour corruption contre divers dirigeants italiens d'ENI.

Ce dernier s'était à l'époque défendu, affirmant dans un communiqué "être étranger à une quelconque activité illégale".

"ENI souligne avoir conclu les accords pour l'acquisition du gisement uniquement avec le gouvernement du Nigeria et Shell. La totalité du versement (...) a été effectuée uniquement au gouvernement nigérian", avait précisé la société, affirmant collaborer avec la justice italienne.

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