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Les premiers écolos de la planète

La préservation des forêts constitue un enjeu fondamental pour l’environnement de la Terre. Et selon la Banque Mondiale, les peuples indigènes jouent un rôle décisif dans cette préservation, rapporte Survival, ONG consacrée à la défense des peuples premiers.

Dans leur tradition et leur façon de vivre, les indigènes ont toujours témoigné d’un grand respect pour leur terre. Le rapport précise que 80% des «écorégions» les plus riches en biodiversité du monde sont habitées par des peuples indigènes. Une «écorégion» a pour caractéristique d'abriter un environnement naturel préservé par les populations indigènes qui y vivent.

Une récente étude prouve que dans les zones protégées habitées par ces peuples, le taux de déforestation atteint son niveau le plus bas. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: entre 2000 et 2008, le taux de déforestation a réduit de 16%.

Mais cette quête de la préservation présente aussi des limites. Au nom de la «conservation», des millions d’individus sont expulsés de leurs terres. Ces gens deviennent des «réfugiés de la conservation».

En Tanzanie, le parc de Ngorongoro est des plus célèbres.

«Cependant, peu de visiteurs savent que dans les années 1970, les expulsions qui ont eu lieu dans la moitié de cette zone —le parc national de Serengeti— ont forcé les résidents maasai et leurs troupeaux à s’entasser dans la zone de conservation de Ngorongoro.» 

En République démocratique du Congo (RDC), une veuve twa de la région du parc national de Kahuzi-Biega raconte le traumatisme de l'expulsion qui a condamné sa communauté à l'extrême pauvreté:

«Nous ne savions pas qu’il arrivaient. Puis soudain l’un d’entre eux a forcé la porte de notre maison et a commencé à crier que nous devions partir immédiatement car le parc n’était plus à nous. Je ne comprenais pas ce qu’il disait, car tous mes ancêtres ont vécu sur ces terres.»

Si la Banque mondiale salue aujourd’hui le rôle des peuples indigènes dans la préservation des forêts, l’institution n’a pas toujours en agi en tenant compte de leurs considérations.

Stephen Cory, directeur de Survival International, estime que la question des peuples indigènes doit davantage être mise en avant:

«Les experts se rendent enfin compte que la préservation des forêts de la planète passe par le respect du droit des peuples indigènes à rester sur leurs terres. Il est navrant de constater que toutes les organisations de préservation de l'environnement n'aient pas encore compris cela. Mises à part les violations des droits de l'homme qu'implique l'expulsion des peuples indigènes, de telles politiques sont totalement contre-productives.»

Lu sur Survival France

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