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Congo: une élection "frappée de petite vérole" pour Mabanckou

L'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou juge "louche" l'élection présidentielle du 20 mars au Congo, remportée par le président sortant Denis Sassou Nguesso, estimant "impossible" la victoire d'un candidat au premier tour au vu de la réalité du pays, dans un entretien au magazine Le Point paru vendredi.

"Je connais ce pays", souligne l'écrivain, "il est impossible, dans l'état présent des divisions claniques et ethniques, qu'un des huit candidats puisse l'emporter dès le premier tour !", a déclaré l'auteur de Mémoire de porc-épic.

Selon les résultats officiels publiés jeudi, Denis Sassou Nguesso, qui cumule 32 ans de pouvoir au sommet du pouvoir, a été réélu au premier tour avec 60,39%, un score contesté par ses deux principaux concurrents.

L'écrivain qualifie aussi d'"incompréhensible" la décision des autorités de "bloquer les moyens de communication" dans le pays pendant plus de trois jours, "comme si nous étions en Corée du Nord ou en Chine".

"Cette élection est par conséquent louche, frappée de petite vérole dans la mesure où le peuple a eu l'impression que dans cette nuit (...) des ombres maléfiques besognaient, remuaient les choses pour nous imposer, à l'aube, un résultat qui ne correspond pas du tout au climat général et actuel du pays: un désir de changement politique", estime l'écrivain intronisé la semaine dernière au Collège de France.

Interrogé sur l'appel à la "désobéissance civile" lancé par le général Jean-Marie Michel Mokoko, l'un des candidats de l'opposition, Alain Mabanckou répond ne pas être "un partisan de la violence". 

"Ce n'est pas au peuple de souffrir de cette situation, de se lancer dans une guerre civile", relève l'écrivain qui "rêve que le peuple congolais ne verse plus de sang", après les affrontements qui ont autrefois déchiré le pays. 

Alain Mabanckou regrette enfin que le président français François Hollande ait "publiquement validé" l'organisation par le pouvoir d'un référendum visant à modifier la Constitution pour permettre au président sortant de se représenter.

"Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit", avait déclaré M. Hollande au sujet de ce scrutin, jugé illégal par l'opposition, avant de nuancer sa position par la suite. 

"Que ce soit au sujet du Congo ou d'autres pays africains, la France, ces dernières années, a fait preuve d'une grande méconnaissance politique du continent noir", assène l'écrivain.

Mardi, le ministère français des Affaires étrangères avait dénoncé le "contexte préoccupant" dans lequel s'est déroulée dimanche la présidentielle au Congo, en insistant sur la "transparence" et l'"équité" du scrutin dans son ancienne colonie.

AFP

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