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Des Tchadiens occupent leur ambassade

Une quinzaine de Tchadiens occupaient sans violence jeudi leur ambassade à Paris pour protester contre l'arrestation dans leur pays de quatre leaders de la société civile, a-t-on appris de sources concordantes.

"Ils ont profité de la reprise du travail, après le déjeuner, pour entrer dans l'ambassade et ils se sont assis dans la salle d'attente", a indiqué l'ambassadeur, Hissein Brahim Taha, confirmant l'intrusion d'une quinzaine de personnes.

Cette occupation s'est faite sans violence, a précisé à l'AFP l'ambassadeur, qui a demandé à la police l'évacuation des manifestants, dont certains avaient aussi pris place devant le bâtiment.

Appelée sur les lieux, la police n'est pas intervenue pour l'instant, certaines personnes ayant quitté par elles-mêmes l'ambassade, a indiqué une source policière.

Ces Tchadiens, des jeunes pour la plupart, "se font passer pour des opposants et n'ont pas présenté de revendications précises" au personnel de l'ambassade, a affirmé le diplomate.

Selon un manifestant présent sur place, Doki Warou Mahamat, interviewé par téléphone, il s'agissait de protester surtout contre l'arrestation au Tchad de quatre activistes de la société civile. 

Les protestataires demandent la libération de ces militants et dénoncent une répression à leur encontre "totalement contraire à la Constitution tchadienne, qui prévoit le droit de manifester", a ajouté M. Mahamat.

Arrêtés en début de semaine, ces quatre militants appelaient à manifester contre le président Idriss Deby Itno. Arrivé au pouvoir par la force en 1990, M. Deby a décidé de briguer un cinquième mandat, lors de la présidentielle du 10 avril.

A Paris, les manifestants veulent également protester contre l'"autoritarisme" du régime du président Deby et sa nouvelle candidature. "26 ans de dictature (...) c'est assez", a déclaré M. Mahamat.

Le régime tchadien, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d'un mouvement de lycéens qui dénoncent depuis le 15 février le viol d'une jeune Tchadienne par des fils de dignitaires. Deux lycéens ont été tués par la police et l'armée au cours de ces manifestations.

AFP

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