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Denis Sassou Nguesso, 32 ans de pouvoir au Congo, prêt pour cinq ans de plus

Passé du marxisme-léninisme au "socialisme hybride", le président congolais Denis Sassou Nguesso, dont les autorités de Brazzaville ont annoncé jeudi dans la nuit la réélection, dirige sans partage le Congo depuis la fin de la guerre civile de 1997.

M. Sassou Nguesso a été réélu au premier tour lors de la présidentielle de dimanche avec 60,39% des voix, selon les résultats officiels proclamés à la télévision nationale, et contestés à l'avance par ses deux principaux rivaux.

La nouvelle constitution adoptée en novembre après un référendum qualifié de coup d'État constitutionnel par l'opposition, a fait sauter les deux verrous de la loi fondamentale de 2002 qui l'empêchaient de se représenter et ramené le mandat présidentiel de sept à cinq ans.

Elle institue le principe d'un partage du pouvoir exécutif avec la création d'un poste de Premier ministre alors que le président cumulait jusque-là les fonctions de chef de l'État et du gouvernement.

De stature imposante, le cheveu ras, le sourire carnassier et le regard assuré, Denis Sassou Nguesso est né en 1943 dans la bourgade d'Edou, à plus de 400 km au nord de Brazzaville.

Après un passage par l'école normale, il renonce à devenir enseignant pour embrasser une carrière militaire au moment où le Congo obtient son indépendance de la France (1960).

Entre 1961 et 1963, il suit une formation militaire à l'école des officiers de réserve de Cherchell dans une Algérie encore française, puis à l'école d'application de l'infanterie à Saint-Maixent (ouest de la France).

- Triomphe électoral -

Jeune officier, il participe en 1968 au mouvement qui renverse le président Alphonse Massamba-Débat et porte au pouvoir le commandant Marien Ngouabi. L'année suivante, il participe à la fondation du Parti congolais du travail (PCT), et siège au comité central de ce parti unique acquis alors au marxisme-léninisme.

Élément clef du système sécuritaire du régime comme chef du Groupement para-commando (GPC), puis ministre de la Défense, il accède à la tête de l'État en 1979, deux ans après l'assassinat de Ngouabi.

Face à un vent de contestation grandissant après la chute du mur de Berlin, il est contraint d'organiser en 1991 une conférence nationale qui ouvre le pays au multipartisme. Lors de la présidentielle de 1992, il est battu par Pascal Lissouba. Le Congo s'enfonce alors dans un cycle de violences marquées par trois guerres civiles en une décennie.

En 1997, le pays, qui prépare une élection présidentielle, voit s'opposer pendant plusieurs mois ses miliciens "cobras", appuyés vers la fin des hostilités par des militaires angolais, aux milices du président Lissouba.

Sorti vainqueur de ce conflit, M. Sassou transforme sa victoire militaire en triomphe électoral (près de 90% des suffrages) lors de la présidentielle de 2002, boycottée par les principaux dirigeants de l'opposition. La même année est adoptée une constitution consacrant un régime présidentiel fort.

En 2009, M. Sassou Nguesso est réélu, avec plus de 78% des suffrages.

S'affirmant désormais "socialiste hybride" après l'adoption de la "doctrine sociale-démocrate" par le PCT, le président, toujours bien mis dans des costumes occidentaux taillés sur mesure ou des tenues plus africaines, utilise la rente pétrolière pour développer des grands projets d'infrastructures et de développement.

- Emprise familiale -

Les médias officiels vantent régulièrement ces réalisations ou présentent le président congolais comme "l'apôtre de la paix" ou "l'artisan de la démocratie".

Mais si le Congo a pu accéder au statut de "pays à revenu intermédiaire", la pauvreté y "reste endémique", selon le Fonds monétaire international (FMI), et les détracteurs du président dénoncent son train de vie somptuaire, la corruption qui gangrène la sphère publique, l'emprise de sa famille et de son ethnie mbochi sur l'État et la tendance du régime à la répression de toute forme de dissidence.

M. Sassou Nguesso et sa famille sont visés en France par une enquête pour "recel de détournement de fonds publics" concernant leur patrimoine immobilier dans l'Hexagone.

Affublé de nombreux surnoms, dont le plus affectueux est sans doute "Otchouembé", terme mbochi qui évoque un lutteur traditionnel aux muscles aussi durs que l'ébène, M. Sassou Nguesso a un goût prononcé pour les affaires diplomatiques.

Depuis la mort, en 2009, du président gabonais Omar Bongo, qui avait épousé sa fille, il endosse volontiers le rôle du "patriarche" ou du "vieux sage" et officie comme médiateur régional pour la résolution de la crise centrafricaine.

AFP

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Denis

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