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Une manifestation le 13 février 2016 dans les rues de Bujumbura. Crédit photo: STRINGER / AFP
Une manifestation le 13 février 2016 dans les rues de Bujumbura. Crédit photo: STRINGER / AFP

Les habitants du Burundi sont les moins heureux au monde en 2016

C'est ce que révèle une étude de l'université américaine de Columbia.

Y'a t-il meilleure démonstration possible de la crise politique profonde que traverse le Burundi? L'équipe du Earth institute de l'université américaine de Colombia a publié mardi 16 mars son rapport 2016 sur la mesure comparative du bonheur à travers le monde. Et si les habitants du Danemark sont les plus heureux selon l'agrégation d'une batterie de facteurs, le Burundi est l'endroit sur Terre où il fait le moins bon vivre. 

Le petit pays d'Afrique de l'est est le dernier de l'indice parmi 157 pays classés. Juste devant on retrouve par exemple la Syrie et l'Afghanistan, deux pays ravagés par la guerre civile. Que nous apprend l'indice de la Columbia university? Que les Burundais tirent extrêmement peu de satisfaction de leur niveau de vie et de leur espérance de vie. Logique quand on sait que l'espérance de vie des Burundais n'est que de 56 ans et que le PNB par habitant ne dépasse pas 270 dollars, selon les données de la Banque mondiale. 

En 2015, le Burundi a sombré dans la crise alors que le président Pierre Nkurunziza a modifié de force la constitution pour briguer puis obtenir un troisième mandat: ce que lui interdisait pourtant de faire les accords d'Arusha signé en 2000 à la sortie de la guerre civile. Des manifestations réprimées dans le sang par l'armée et un putsch raté mené par des militaires ont secoué le pays dans les semaines suivantes. 

Dans son dernier rapport sur la situation des droits humains dans le pays, l'ONG Amnesty international dresse un tableau très sombre du Burundi:

«Les pouvoirs publics n’ont cessé de renforcer les restrictions pesant sur les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Les manifestations organisées, entre autres, par des personnalités politiques de l’opposition et des militants de la société civile contre la décision du président de briguer un troisième mandat ont été réprimées violemment par les forces de sécurité, en particulier la police et le Service national de renseignement (SNR). La police a utilisé une force excessive face aux manifestants et les personnes détenues par le SNR ont subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements. En outre, les forces de sécurité ont pris pour cible les locaux de médias indépendants et plusieurs opposants supposés au président ont été victimes d’homicides illégaux.»

Une triste réalité qui place les Burundais bien loin des Danois sur l'échelle du bonheur. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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