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Un enseignant kényan pourrait recevoir 1 million de dollars pour son combat contre l'extrémisme

"L'islam face à l'extrémisme violent": devant son tableau, une craie en main, Ayub Mohamud résume en quelques mots devant une classe bondée le combat qui l'anime, et qui pourrait permettre à cet enseignant kényan de gagner un prix à la portée internationale.

A Eastleigh, le quartier somalien de Nairobi, M. Mohamud enseigne le commerce et les études islamiques, et parle déradicalisation à ses élèves âgés de 10 à 15 ans environ. Il est l'un des dix enseignants dans le monde encore en lice pour un prix de 1 million de dollars (911.000 euros) qui sera décerné dimanche.

"Nous devons permettre à ces élèves de comprendre l'idéologie de ces groupes extrémistes", raconte-t-il à l'AFP.

Il a commencé à donner des cours pour dénoncer l'extrémisme en 2013, deux ans après que les troupes kényanes furent entrées sur le sol somalien pour en chasser les militants islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda.

Le Kenya a ensuite intégré la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), qui soutient le fragile gouvernement somalien. En réponse, les shebab ont mené de nombreuses attaques au Kenya faisant au total plus de 400 morts depuis 2013.

- "Conséquences" -

"Nous devons faire comprendre à ces élèves les conséquences qu'il y a à rejoindre ces groupes qui sèment la terreur", ajoute M. Mohamud, qui oeuvre dans un quartier appelé "Le petit Mogadiscio", en raison du nombre prépondérant de Somaliens ou de Kényans d'ethnie somalie qui y vivent.

Son travail contre la radicalisation lui a valu d'être remarqué par la fondation Varkey, qui décerne un "Prix mondial de l'enseignement", dont le vainqueur 2016 sera annoncé dimanche lors d'une cérémonie à Dubai.

La fondation, qui qualifie son prix de "prix Nobel de l'enseignement", explique que le million de dollars de récompense est destiné "à mettre en lumière l'excellence en matière d'enseignement".

Même s'il n'est pas insensible à ces louanges, M. Mohamud insiste sur le fait qu'il est d'abord guidé par la détermination à éduquer les jeunes, pour les empêcher de céder aux sirènes du jihad.

"Il est important qu'ils comprennent ces problématiques pour qu'ils puissent avoir confiance et soient capables d'avoir une démarche critique", pense-t-il. "S'ils sont approchés, ils seront ainsi capables de dire non à ces groupes extrémistes."

Dans ses cours, il démontre comment les extrémistes dénaturent le message du Coran. "C'est important pour nous de savoir en quoi notre religion consiste", dit l'un de ses élèves Ahmed Hassan.

Le prix, financé par Sunny Varkey, un entrepreneur philanthrope et ambassadeur de l'Unesco basé à Dubaï, est payé en plusieurs échéances et exige que le gagnant continue d'enseigner pendant au moins cinq ans.

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