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Maroc: les entreprises françaises en reconquête

En perte de vitesse ces dernières années au Maroc, les entreprises françaises ont décidé de repartir à la conquête de ce pays considéré comme un tremplin vers les marchés prometteurs d'Afrique sub-saharienne.

Arrivé jeudi dans le royaume chérifien à la tête d'une délégation d'une centaine d'entreprises, le président du patronat français (Medef), Pierre Gattaz le répète sur tous les tons: l'Afrique, dont la population devrait doubler à deux milliards d'habitants d'ici à 2050 "a besoin de tout", de l'eau à l'énergie en passant par les infrastructures. 

Elle est donc une "priorité".

Et quelle meilleure tête de pont pour conquérir ce vaste marché que le Maroc? 

Ce pays dispose en effet de plus de 500 accords de coopération économique avec les Etats africains, incluant pour certains des tarifs douaniers préférentiels, selon le ministère marocain des Finances.

Entre 2004 et 2014, le montant global des échanges commerciaux entre le Maroc et le continent africain a augmenté de 13% en moyenne annuelle pour se situer à 37,6 milliards de dirhams (3,46 milliards d'euros), selon la même source. 

- Co-investissement -

Pour Xavier Beulin, co-président du Club des chefs d'entreprises France-Maroc et président du groupe agroalimentaire Avril, les entreprises françaises ont tout intérêt à profiter des relations privilégiées du Maroc avec ses partenaires africains pour faire avec des sociétés marocaines du "co-investissement" sur le continent.

Un objectif qu'elles s'étaient déjà fixé depuis des années mais qui avait pâti d'un relatif refroidissement des relations commerciales entre les deux pays.

Longtemps, premier partenaire commercial du Maroc, la France s'est faite détrôner par l'Espagne.

Si en 2012, un millier d'entreprises françaises étaient présentes au Maroc, elles ne sont que 750 aujourd'hui.

Et la France est passée de 20% de parts de marchés au Maroc dans les années 2000 à 13-14% aujourd'hui, selon M. Beulin..

D'où la volonté du Medef de redynamiser les relations.

"Nos liens économiques doivent nous pousser à travailler ensemble en Afrique", a plaidé M. Gattaz lors d'une rencontre organisée à Casablanca avec la Confédération générale des entreprises marocaines.

Les nouveaux projets commencent à voir le jour.

Le groupe français d'équipements de sport Décathlon a décidé d'implanter à quelques centaines de mètres des quais du port marocain de Tanger Med (nord) une plateforme logistique, pour réceptionner des conteneurs chargés de ses produits et les réexporter ensuite, notamment vers les pays africains.

Situé à 14 km seulement de la côte espagnole, le gigantesque complexe ultra-moderne de Tanger Med est connecté à 160 ports dans le monde et réalise 40% de son trafic avec l'Afrique de l'Ouest.

- 'Moins coûteux' -

    

Au-delà des grands groupes, une kyrielle d'entreprises françaises de plus petite taille cherchent aussi à s'implanter au Maroc.

A l'image de la PME Cisenergie, spécialisée en tuyauterie industrielle. "Nous venons pour avoir un éclairage sur les affaires possibles au Maroc, pour éventuellement créer à terme une agence qui pourra rayonner ensuite sur l'Afrique", dit Judith Corona, responsable administrative et financière de cette société qui emploie 40 personnes.

"Le Maroc est une superbe plateforme pour un marché africain en pleine croissance", s'enthousiasme Sami Mebazaa, directeur de l'innovation pour le cabinet de conseil Talan, qui accompagne la transformation digitale de ses clients, essentiellement des grands opérateurs tels qu'EDF, Orange ou la Société Générale.

Le groupe a déjà un pied dans le continent, avec une filiale en Tunisie, mais il voit dans la population du royaume un nouveau "vivier de compétences", moins coûteux qu'en France, qui pourra ensuite être mobilisé pour travailler en Afrique sub-saharienne, selon lui.

Conscient de cette tendance, l'Institut national français) des sciences appliquées (INSA) a ouvert une antenne à Fès dans le centre du Maroc.

"Beaucoup de cadres africains viennent se former au Maroc", où le coût de la vie est moindre qu'en France, explique M'Hamed Drissi, vice-président du groupe INSA venu dans la délégation du Medef.

"Et pour eux, c'est aussi la possibilité d'avoir une première expérience professionnelle avec des acteurs européens", ajoute-t-il.

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