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Présidentielle au Niger: le second tour aura lieu même sans l'opposition

Le président de la Commission électorale nationale indépendante du Niger (Céni), a affiché jeudi la "détermination" de son institution à organiser le second tour de l'élection présidentielle prévue le 20 mars, même sans l'opposition.

"Nous sommes déterminés à organiser ces élections le 20 mars (...) donc ce n'est pas le retrait (éventuel de Hama Amadou, candidat de l'opposition, actuellement emprisonné, ndlr) qui va nous empêcher" et "nous avons des délais constitutionnels à respecter", a déclaré Boubé Ibrahim, président de la Céni lors d'un point de presse à Niamey.

"Nous oeuvrons pour éviter un vide institutionnel aux conséquences imprévisibles", a-t-il expliqué.

Selon M. Ibrahim "rien ne va perturber" la tenue du second tour qui "aura bel et bien lieu à la date prévue".

L'opposant Hama Amadou, écroué depuis novembre dans une affaire controversée de trafic d'enfants, devait affronter le président sortant Mahamadou Issoufou, lors de ce second tour. 

Mais l'opposition politique réunie au sein de la COPA 2016 (Coalition de l'opposition pour l'alternance) a décidé mardi de "suspendre sa participation au processus électoral en cours", demandant "à ses représentants de se retirer de la Céni". 

Selon Boubé Ibrahim, il s'agit d'une "déclaration qui n'est (encore) matérialisée par aucun acte de désistement", notamment du candidat de l'opposition. 

- "Iniquité de traitement" -

Il a précisé que tout candidat dispose "de 72 heures après la proclamation" des résultats définitifs du premier tour pour notifier son désistement. Ce "délai expire" ce soir jeudi "à 23 heures", a-t-il noté.

Conformément à une alliance signée avant le premier tour, la COPA 2016 qui comprend les principaux opposants, s'est unie autour d'Hama Amadou qui a obtenu 17,73% des suffrages, lors du premier tour contre 48,43% au président sortant Mahamadou Issoufou, qui a frôlé la victoire.

La COPA, qui s'était montrée très critique du 1er tour accusant le régime de "fraude" a notamment justifié le boycott par l'absence de "proclamation officielle" des résultats du 1er tour du 21 février, le non-respect de la durée de la campagne électorale et "l'iniquité de traitement entre les deux candidats".

"Ils (les opposants) se retirent parce qu'ils ne peuvent pas gagner. C'est  désolant (...) A vrai dire, cela ne nous surprend pas. Les principaux candidats significatifs se sont ralliés à M. Issoufou", avait réagi mardi le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou, un proche du président Issoufou.

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