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Somalie: les Etats-Unis s'impliquent et frappent les shebab

Les forces américaines ont mené avec les forces somaliennes une nouvelle offensive dans la nuit de mardi à mercredi en Somalie contre les shebab affiliés à Al-Qaïda, qui ont multiplié les attaques de grande ampleur depuis le début de l'année.

Samedi, des avions américains et des drones avaient déjà mené un bombardement meurtrier sur un camp de shebab, tuant selon le Pentagone plus de 150 d'entre eux.

Les Américains ont "un petit nombre de militaires" en Somalie pour soutenir l'Amisom (la force de l'Union africaine en Somalie) et l'armée nationale somalienne, a rappelé mercredi le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone.

Mais depuis le début de l'année, les shebab ont montré un net regain d'activité, bénéficiant de l'apathie de l'Amisom et de la fragilité du gouvernement central somalien pour multiplier les attaques meurtrières.

En janvier, ils ont ainsi attaqué un camp du contingent kényan de l'Amisom à El-Adde, dans le sud somalien, revendiquant la mort de plus de 100 soldats kényans, des informations invérifiables mais jugées crédibles par plusieurs sources sécuritaires à Nairobi.

Fin février, ils ont tué plus de 40 personnes dans différents attentats à Mogadiscio et à Baidoa (sud-ouest).

Les insurgés sont aussi capables d'infiltrer les territoires tenus par le gouvernement. Ils bombardent fréquemment le palais présidentiel dans la capitale et ont réussi à placer début février un engin explosif dans un avion au départ de Mogadiscio.

L'engin a explosé peu après le décollage, ne faisant qu'une victime, le poseur de bombe présumé, mais l'avion lui-même n'a pas explosé et a pu revenir atterrir. Ce semi-échec a tout de même démontré qu'ils pouvaient déjouer de strictes mesures de sécurité.

- Une 'opération somalienne' -

Pour l'administration américaine, le regain d'activité des shebab est d'autant plus dur à encaisser que la Somalie avait été présentée par Barack Obama il y a deux ans comme un exemple de succès de sa stratégie consistant à lutter contre les réseaux extrémistes sans envoyer de troupes au sol, mais en formant, équipant et conseillant des unités locales.

Les forces américaines comptent une cinquantaine d'hommes en Somalie, pour l'essentiel des soldats des forces spéciales formés pour la lutte antiterroriste.

Pour leur dernière opération dans la nuit de mardi à mercredi, ces soldats américains ne se sont pas contentés de leur rôle habituel d'entraînement et de formation: ils ont participé eux-mêmes au raid en transportant dans leurs hélicoptères les soldats somaliens, sans toutefois les accompagner lors de l'assaut proprement dit.

"C'était une opération somalienne", a insisté Jeff Davis.

Le raid, dont l'objectif et le bilan n'ont pas été précisés, a eu lieu dans la ville d'Awdhegele, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Mogadiscio.

Le bombardement de samedi avait eu lieu dans un camp situé à près de 200 kilomètres au nord de Mogadiscio. Selon le Pentagone, il visait un groupe de shebab qui représentait "une menace imminente" pour les forces de l'Amisom et pour des militaires américains.

Le bilan de 150 tués a été contesté par les shebab, qui n'ont reconnu que la mort de "plusieurs martyrs". Mais s'il était avéré, il serait tout à fait sans précédent, selon les données compilées par la Fondation New America, un cercle de réflexion de Washington.

Ce bilan dépasserait à lui seul le nombre total des islamistes tués jusqu'alors dans ces opérations antiterroristes américaines en Somalie, qui ont commencé en 2003: New America n'en avait recensé que de 113 à 136.

Selon les données de la fondation, le nombre de militants tués par des frappes américaines en Somalie n'a cessé d'augmenter ces dernières années, passant de 4 en 2011 à 41 en 2015. 

La Somalie espère tenir cette année ses premières élections au suffrage universel en 40 ans.

Le pays a été le lieu d'un échec traumatisant pour les forces spéciales américaines: en 1993, deux de leurs hélicoptères avaient été abattus lors d'une opération dans le coeur commercial de Mogadiscio, et 18 soldats américains avaient trouvé la mort dans les violents combats qui avaient suivi. L'épisode est d'ailleurs le sujet du film de Ridley Scott "La chute du faucon noir".

AFP

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