Nafissatou Diallo est-elle une «bandit Guinée»?
La crédibilité de la jeune femme de chambre guinéenne qui accuse de viol l'ex-patron du FMI s'effondre. Mais ses écarts avec la vérité et la légalité sont banals.
Des femmes de chambre conspuent DSK devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011. REUTERS/Mike Segar
Rebondissement dans l’affaire DSK: l’accusation menace de s’effrondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times. Une audience surprise est attendue ce vendredi 1er juillet à New York, à 17h30 heures de Paris.
Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l’avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu’il occupait. Les collaborateurs du procureur, d’abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd’hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu’il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l’affaire. Mais l’accusation pourrait s’effondrer en raison des mensonges répétés qu’aurait fait Nafissatou Diallo.
Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C’est le surnom qu’on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.
Des mouvements d'argent troublants
Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l’asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu’elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l’éventuel parti financier à tirer d’une plainte contre DSK. Cette homme avait été arrêté pour détention d’une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d’importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme. Des transferts d’argent effectués depuis l’Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvannie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n’avoir qu’un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu’elle décrit comme son fiancé et ses amis.
D’autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d’un viol, qu’elle aurait mentionné lors de sa demande d’asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l’immigration n’en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu’elle a fait à l’immigration.
«C’est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Les magistrats pourraient lever dans la journée du 1er juillet l’assignation à résidence imposée à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans.
Qui n'a jamais menti?
Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. La députée néerlandaise d’origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d’une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu’elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n’a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d’où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu’elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s’est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d’asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l’islam et l’excision n’avait retrouvé son passeport néerlandais qu’après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.
Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l’un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s’est ainsi vue dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l’aider.
Sabine Cessou
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si vous voulez comprendre:
http://dinersroom.eu/6209/reasonable-doubt-mon-amour/
"Bandit Guinée": je me demandais ce que vous vouliez dire, avant de répéter plusieurs fois l'expression, pour comprendre que vous voulez dire "Bandit Guinè", signifiant "Femmme Bandit" en soussou.
Ceci dit, comment pouvez-vous écrire "Qui n'a jamais menti?" comme si c'était normal, d'être une affabulatrice chronique, pour obtenir des papiers? C'est peut-être normal pour les africains qui cherchent à tout prixà s'installer en occident, mais absolument pas pour la justice de leurs terres d'accueil. Non seulement, elle a bousillé ses chances dans cette affaire avec ces incohérences, mais elle va pourrir l'existence à toutes les autres menteuses comme elle, demandeuses d'asile, ainsi qu'à celles fuient de vraies situations de persécution.
Si vous êtiez au courant de la vraie réalité des vrais demandeurs d'asile, bloqués depuis des années dans des camps du HCR en attente de visa pour réfugiés, vous n'oserez pas écrire de façon légère "Qui n'a jamais menti?" comme s'il s'agissait de quelque chose de badin. Je n'ai rien contre les Nafissatou Diallo, tant qu'elles mentent pour ensuite mener une vie honnête et essayent de s'en sortir. Mais quand elles racontent des salades, pour venir en plus, plonger de près ou de loin, dans des activités louches, je dis: "Non".
C'est déjà assez dur, d'être noir, d'être une femme et africaine de surcroît; on est toujours à prouver quelque chose, à nous justifier et/ou à devoir faire plus que la moyenne pour combattre les préjugés. Et il faut en plus des Nafissatou pour nous rendre la vie plus difficile! Et on n'a pas besoin que vous en racouchiez une couche, en voulant minimiser des comportements réprensibles, bien que banals!
http://www.nytimes.com/interactive/2011/07/01/nyregion/20110701-Strauss-...
Quand on décide de mentir, on le fait intelligemment en posant le pour et le contre, et en s'assurant d'avoir tout balisé et couvert.
I can't believe that woman's nerve!
Vous décrivez bien le contexte de ces femmes immigrées. Je suis étonné de la réactions des Africains qui ne comprennent pas et défendent un Blanc qui a agressé sexuellement une des leurs.