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Burundi: début d'un "recensement général" des étrangers

Les opérations de "recensement général" des étrangers vivant au Burundi, petit pays des Grands lacs africains en crise depuis dix mois, ont débuté mardi à Bujumbura, a annoncé le porte-parole du ministère de la Sécurité publique et de la police.

Tous les étrangers doivent se présenter en fonction de leur continent d'origine aux bureaux de la Police de l'air, de la frontière et des étrangers (Pafe), suivant un calendrier qui s'échelonne sur une période de deux mois, à compter de mardi, selon un communiqué.

Ce recensement "a pour objectif d'octroyer aux étrangers une carte biométrique pour étrangers", avait annoncé mi-février le ministre de la Sécurité publique, le général Alain-Guillaume Bunyoni, dans un communiqué.

"La présence physique" de chaque étranger et "le port de son titre de voyage" sont exigés, précisait-il.

Plusieurs ressortissants étrangers vivant au Burundi, contactés par l'AFP, ont dit avoir "peur de ce recensement qui est un prétexte pour nous repérer et nous ficher".

"Nous ne savons pas comment la police va utiliser ces données et avec les violences qui ont déjà touché les Rwandais (...) je pense que moi aussi, je vais me résoudre à quitter ce pays", a expliqué à l'AFP un ressortissant rwandais, né au Burundi il y a une quarantaine d'années.

"Pour les Rwandais qui se trouvent ici au Burundi, nous pensons qu'ils s'y trouvent conformément à la loi. (...) Ce n'est pas seulement pour les Rwandais, mais pour tous les étrangers", a voulu rassurer devant la presse le porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Pierre Nkurikiye.

Des milliers de Rwandais qui vivaient au Burundi ont fui ce pays au début de la crise, après de nombreuses arrestations dans leur communauté.

Les relations sont actuellement délétères entre le Rwanda et le Burundi, qui organise tous les samedis des manifestations anti-Paul Kagame (le président rwandais) et anti-Rwanda, plus ou moins suivies à travers tout le pays.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet. Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, qui a poussé plus de 240.000 personnes à l'exil.

La communauté étrangère au Burundi est essentiellement constituée de plusieurs dizaines de milliers de Congolais, de ressortissants d'Afrique de l'Ouest, d'une grande communauté omanaise devenue apatride et d'Indiens.

AFP

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