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L'Algérien Riyad Mahrez célèbre un but le 6 février 2016. Crédit photo: ADRIAN DENNIS / AFP
L'Algérien Riyad Mahrez célèbre un but le 6 février 2016. Crédit photo: ADRIAN DENNIS / AFP

Les Algériens sont fous de Riyad Mahrez et des binationaux de l'équipe nationale

L'ailier algérien surfe sur le succès avec son club de Leicester, en tête de la Premier League britannique.

Dans les magasins de sport d'Alger, on s'arrache les maillots floqués Riyad Mahrez, l'ailier gauche franco-algérien de Leicester, qui postule pour le titre de meilleur joueur de la saison en Angleterre et est élevé au rang de divinité dans son pays d'origine.

«Nous avons passé une nouvelle commande il y a quatre jours, mais nous n'avons pas encore été servis», s'impatiente un vendeur qui écoule les maillots à 7.000 dinars (60 euros), soit 40% du salaire minimum.

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À défaut, on trouve des maillots contrefaits, sept fois moins cher, vendus clandestinement au coeur de la Casbah.

«Al hamdou lilah (Dieu soit loué)», se réjouit «Papillon», un jeune vendeur: «Mahrez, c'est tout simplement de la folie», assure-t-il à propos de ce gamin fluet de la banlieue parisienne que la France et l'Olympique de Marseille avaient snobé. Dans un pays où football rime avec religion, le lutin de 24 ans est considéré comme une divinité et le critiquer équivaut à un sacrilège. Pour l'avoir osé, une ancienne idole comme Rabah Madjer est devenue la risée des réseaux sociaux.

Critiqué avant d'être encensé

Etudiant de 23 ans, Annis parle lui d'un «ressentiment de l'ancienne génération à l'égard des bi-nationaux» franco-algériens. «Il a des dribbles déroutants, une excellente passe et sait se mettre dans le sens du jeu», analyse Annis, qui n'a pas raté un seul de ses matchs et peut citer un à un ses gestes techniques et ses buts.

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En Algérie aussi, les choses n'ont pas toujours été faciles pour l'ancien Havrais, qui avait tapé dans l'oeil du sélectionneur bosnien Vahid Halilhodzic juste avant le Mondial brésilien. Aligné d'entrée de jeu face à la Belgique, il déçoit et n'est pas aligné pour les autres matches des Fennecs, qui se qualifient pour la première fois de leur histoire au second tour, avant de s'incliner héroïquement face aux futurs champions du monde allemands.

«Certains ont même prétendu que j'avais été payé par Mahrez pour l'emmener» au Brésil, rappelait récemment «coach Vahid» dans un entretien avec le journal Compétition.

Leicester, nouveau club de coeur des Algériens

Mais la revanche est là: avec 14 buts et 10 passes décisives en Angleterre, il s'est installé au sein des Fennecs où la confiance du nouveau sélectionneur Christian Gourcuff ne lui fait jamais défaut. Ballon d'or algérien 2015, Mahrez a marqué 4 buts en 21 sélections. Et dans le coeur des supporteurs, sa place est plus grande que celle des héros brésiliens Yacine Brahimi ou Sofiane Feghouli.

«Avant Mahrez, Leicester était inconnu en Algérie où Liverpool était le club le plus populaire», observe Samir Lamari, chefs du service des Sports au quotidien Liberté. «Aujourd'hui, c'est le club le plus populaire dans le pays, suivi par plus de cinq millions de personnes, et la Premier League est plus suivie que la L1 locale», ajoute-t-il.

Désormais, «un match de Leicester est un rendez-vous qui permet aux Algériens de se rencontrer», même au travail quand la rencontre a lieu le dimanche, jour de semaine dans le pays. Et des jeunes sèchent carrément les cours pour le regarder jouer, records d'audience à la clef.

«J'aime mon pays»

Les Algériens apprécient aussi l'humilité du jeune prodige, qui ne manque jamais une occasion de revenir dans sa région d'origine: la commune de Beni Snous, un îlot berbérophone près de la frontière marocaine.

«J'aime mon pays, j'aime les gens de mon pays, je dis toujours que je viens d'ici», affirmait-il lors de sa dernière visite en juin.

C'est ici qu'a été enterré son père en 2006. Un décès qui a été un tournant dans la vie et la carrière du Sarcellois : «La mort de mon père (NDLR: à ses 15 ans) est peut-être le point de départ. Je ne sais pas si j'ai commencé ensuite à devenir sérieux mais, à sa mort, les choses ont commencé à tourner», expliquait-il en début de saison au Guardian.

Slate Afrique avec AFP

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