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La RDC "rejette" les appels de l'Occident après la condamnation de six militants

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a rejeté lundi les appels de certains pays occidentaux demandant la "révision" de la peine de deux ans de prison infligée par la justice à six jeunes activistes d'un mouvement citoyen.

La RDC "a estimé devoir rejeter [la] démarche cavalière" de ses partenaires étrangers demandant la "révision" du jugement rendu par le Tribunal de Grande instance de Goma contre six militants membres d'un mouvement citoyen, a déclaré le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, lors d'une conférence de presse.

Jeudi, la France et la Belgique ont demandé aux dirigeants de la RDC de respecter la liberté d'expression et de garantir un débat démocratique serein, au lendemain de la condamnation de six militants pour "incitation à la révolte", en marge d'une grève générale décrétée par l'opposition le 16 février.

"La RDC n'est pas une république bananière", a dit M. Mende.

Âgés de 23 à 28 ans, les condamnés militent au sein du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) basé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

Mouvement des jeunes indignés, Lucha se définit comme une structure apolitique et non violente.  

Pour M. Mende, au contraire, Lucha est "un mouvement qui prône ouvertement l'anarchie et le chaos en RDC".

- "Attaque inappropriée" -

Reconnaissant un "jugement sévère" envers les six militants, le porte-parole du gouvernement s'est insurgé contre les "fortes pressions" dont fait l'objet la justice congolaise de "la part de certains partenaires étrangers", citant les États-Unis, la Belgique et la France.

M. Mende a aussi accusé le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) en RDC de s'être "lancé dans une attaque virulente, totalement inappropriée contre une décision de la justice congolaise", ce qui est "inacceptable". 

En RDC, le 16 février marque l'anniversaire de la répression meurtrière de la "marche des chrétiens" de 1992 partie des églises catholiques de Kinshasa après la messe dominicale pour tenter d'arracher la démocratie au dictateur Mobutu Sese Seko. 

Le climat politique est très tendu en RDC où la perspective de la tenue d'une présidentielle censée se tenir en novembre s'éloigne chaque jour davantage.  

L'opposition accuse le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat s'achève en décembre, de man½uvrer pour contourner l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter. 

AFP

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