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Burundi: trois cadavres découverts dans une "fosse commune"

Trois corps ont été retrouvés jusqu'ici dans une "fosse commune" découverte lundi dans un quartier contestataire du nord-ouest de Bujumbura, a déclaré à l'AFP le maire de la capitale burundaise, selon qui les opposants au régime seraient à l'origine du massacre.

Cette "découverte" macabre a eu lieu le jour même où le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a annoncé que des experts indépendants de l'ONU, chargés d'enquêter sur les violations des droits de l'homme commises durant les dix mois de crise au Burundi, allaient se rendre sur place dès mardi.

"Sur information de la population, nous avons trouvé aujourd'hui à la 9e avenue de Mutakura une fosse commune, où nous avons déjà découvert trois corps ensevelis dans des sacs", a déclaré Freddy Mbonimpa, le maire de Bujumbura, un responsable non élu mais directement nommé par le président burundais Pierre Nkurunziza.

"Un des tueurs arrêtés (...), qui a reconnu y avoir enterré trois cadavres, nous a assuré qu'il y avait au total une trentaine de corps inhumés dans cette fosse", a-t-il poursuivi, assurant que "les fouilles continuent à l'heure qu'il est".

Cette "découverte" a été faite en présence de plusieurs journalistes convoqués pour l'occasion.

- Dénonciation par Amnesty -

"Cet assassin nous a expliqué qu'ils ont enterré dans cette fosse commune des personnes tuées parce qu'elles soutenaient le troisième mandat (du président Nkurunziza), des Imbonerakure (la ligue des jeunes du parti au pouvoir que l'ONU a qualifiée de milice) ou encore des habitants du coin qui refusaient de contribuer à l'insurrection", a affirmé M. Mbonimpa.

Le Burundi est plongé depuis 10 mois dans une crise politique profonde, née de la volonté du président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir pour un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet.

Les violences, désormais armées, ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 240.000 personnes à quitter le pays. Des organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé l'existence de fosses communes, de nombreux cas d'exécutions sommaires et d'assassinats ciblés.

"Nous déplorons le fait qu'Amnesty International ait accusé le gouvernement et ses forces de sécurité d'avoir enterré des gens dans de nombreuses fosses communes, sans évoquer les opposants, alors que ce sont eux qui l'ont fait", a dénoncé le maire de Bujumbura.

Amnesty International avait dénoncé fin janvier l'existence d'au moins six fosses communes autour de Bujumbura, en s'appuyant sur des photos satellites, après une répression sanglante ayant touché plusieurs quartiers contestataires de Bujumbura, à la suite d'une attaque par des rebelles de trois camps militaires le 11 décembre.

Le gouvernement burundais avait démenti ces accusations, tout en rejetant toute enquête indépendante.

AFP

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