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Mogadiscio: au moins 12 morts dans une attaque shebab contre un hôtel

Au moins 12 personnes ont été tuées vendredi soir à Mogadiscio dans une attaque contre un hôtel et un jardin public voisin, revendiquée par les insurgés islamistes shebab.

Deux explosions, suivies de tirs à l'arme automatique pendant plus d'une heure, ont secoué la capitale somalienne aux environs de 19H45 (16H45 GMT).

"L'une des explosions a eu lieu près du Peace Garden (un jardin public, ndlr) et l'autre près de l'hôtel (voisin) SYL. J'ai vu 12 civils tués, mais le nombre (de morts) pourrait être bien plus élevé", a déclaré Ibrahim Mohamed, un responsable de la police somalienne.

Selon un journaliste de l'AFP, les tirs entendus sur place avaient complètement cessé peu après 21H00 (18H00 GMT).

Alors qu'elle était toujours en cours, les islamistes radicaux shebab ont revendiqué l'opération, dans un bref communiqué posté sur leur compte Instagram.

"Des membres des moudjahidine ont lancé une attaque contre l'hôtel SYL près du palais présidentiel. L'attaque a débuté par un attentat-suicide et une fusillade s'en est suivie", a déclaré le groupe.

L'hôtel SYL, un établissement de bon standing, est situé près de l'enceinte ultra-sécurisée de la Villa Somalia, complexe fortifié abritant la présidence somalienne et les bureaux du Premier ministre.

Le Peace Garden est un jardin public situé à proximité de l'hôtel, très prisé des habitants de Mogadiscio, notamment le vendredi. Le jardin propose des jeux pour enfants et abrite des terrasses de café.

Selon le correspondant de l'AFP à Mogadiscio, la première explosion, de forte intensité, a retenti à 19H45 (16H45 GMT) et la seconde quelques minutes plus tard.

Des zones d'ombres entouraient encore l'opération des shebab: on ignorait notamment si un éventuel commando avait pu s'introduire dans l'hôtel SYL.

- Modus operandi éprouvé -

Les shebab ont mené ces derniers mois des opérations avec un mode opératoire récurrent: un véhicule piégé est lancé à vive allure contre l'enceinte souvent fortifiée d'un hôtel, par un chauffeur kamikaze. Puis un commando armé pénètre à l'intérieur de l'établissement pour abattre la clientèle et le personnel.

Le 1er novembre, une douzaine de personnes avaient été tuées dans l'attaque menée à l'aube par les shebab de l'hôtel Sahafi, situé près du carrefour K4 au centre de Mogadiscio et fréquenté par des parlementaires, des fonctionnaires et des hommes d'affaires.

En février 2015, une attaque similaire avait visé un hôtel de standing de Mogadiscio, le Central Hotel, faisant plus de 20 morts.

Un mois auparavant, en janvier 2015, c'était l'hôtel SYL qui était déjà visé par un attentat-suicide ayant fait cinq victimes.

Confrontés à la puissance de feu supérieure de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), déployée en 2007 en Somalie, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Ils ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, refusant le plus souvent le combat conventionnel au profit d'opérations de guérilla et d'attentats-suicides.

Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides - souvent jusque dans la capitale somalienne - contre les symboles du fragile gouvernement somalien ou contre l'Amisom.

Ces derniers mois, ils ont revendiqué des opérations spectaculaires, tant à Mogadiscio que contre des bases de l'Amisom.

Le 2 février, ils ont ainsi affirmé être les auteurs d'un attentat à l'explosif en partie raté contre un avion de ligne d'une compagnie régionale au départ de Mogadiscio, qui a fait un mort, le poseur de bombe présumé.

Fin janvier, ils s'en étaient pris à un restaurant très populaire, le Lido Sea Food, sur le front de mer de Mogadiscio, faisant une vingtaine de morts.

Une semaine plus tôt, ils avaient mené une attaque de grande envergure contre un camp du contingent kényan de l'Amisom à El-Adde, dans le sud de la Somalie. Ils ont depuis affirmé avoir tué plus de 100 soldats kényans, des informations invérifiables mais jugées crédibles par deux sources sécuritaires à Nairobi et soutenues par la publication de photos montrant des dizaines de soldats kényans tués dans la base détruite.

AFP

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