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Niger: les résultats tombent au compte-gouttes

Alors que l'opposition a déjà annoncé qu'elle ne les reconnaitrait pas, les résultats de l'élection présidentielle de dimanche et lundi au Niger continuaient mercredi à tomber au compte-gouttes.

Le président Mahamadou Issoufou, 63 ans, brigue un deuxième quinquennat et a promis une victoire au premier tour, face une opposition qui a dénoncé mardi des résultats "fantaisistes".

Sur le site officiel de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), seules 72 des 308 communes ont été comptabilisées mais pour seulement un million d'électeurs sur les 7,5 millions d'inscrits, soit moins de 15% du corps électoral. 

C'est trop peu pour dégager des tendances fiables alors que certaines régions comptabilisées sont des fiefs des uns ou des autres, souligne un observateur. 

Sur cette partie comptabilisée, on peut toutefois noter que le président Issoufou est en tête devant ses trois principaux opposants, les deux anciens Premiers ministres Hama Amadou et Seïni Oumarou et Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996).

Quinze candidats sont en lice pour présider ce pays de 18 millions d'habitants parmi les plus pauvres de la planète et vivant sous la menace des groupes jihadistes sahéliens et des islamistes nigérians de Boko Haram. Le scrutin était couplé à des législatives.

Selon les autorités, les résultats globaux devaient être annoncés dans les cinq jours après la clôture du scrutin, qui s'est déroulé dimanche et lundi.

- 'Gâter l'élection' -

La population nigérienne commençait à s'impatienter devant la lenteur de la comptabilisation des chiffres.

"L'attente des résultats, ce n'est pas bon mais il faut rappeler qu'il y a une augmentation conséquente du nombre d'électeurs (par rapport à 2011) et il y a des zones reculées. On a confiance dans la Céni et nous souhaitons que ça se déroule dans le calme, que celui qui perde, accepte le résultat", explique Amadou Ali, enseignant de 47 ans. 

Certains sont plus vindicatifs et craignent la fraude électorale. "Sincèrement, on craint ça! On n'a jamais connu ça: attendre deux, trois quatre jours comme ça", s'insurge Abderamane Cheikh Ahmed, qui tient une boutique de tissus près du grand marché.

"C'est trop long. En 25 ans de démocratie, on pouvait voir les résultat le premier jour. Aujourd'hui, on n'a pas le résultat. Il faut que l'Etat respecte le peuple nigérien. Il y a des fraudes partout. C'est pour +gâter+ l'élection", proteste Issa Daouda, chauffeur de taxi. 

Mardi, la coalition de l'opposition COPA 216 avait annoncé qu'elle ne reconnaitrait pas le scrutin parlant de résultats "fantaisistes", "surprenants" ou "fabriqués", et accusant le pouvoir d'avoir mis en place des "bureaux fictifs". Elle appelait ses partisans à se "mobiliser" et "résister".

La coalition soutenant le président Issoufou a répondu mercredi que "l'opposition vient une fois de se ridiculiser" avec sa "déclaration des plus mensongères". 

"Le mécanisme électoral dans notre pays est verrouillé et ne permet aucune manipulation des résultats", a assuré Al-Kassoum Saleh, porte-parole de la coalition pro-Issoufou, en rappelant que des représentants de l'opposition siégeaient à la Céni. 

"L'opposition verse dans l'intoxication en propageant de fausses informations dans le seul but d'entacher la crédibilité des scrutins reconnus par tous", a-t-il poursuivi. 

La campagne qui s'est déroulée dans une atmosphère tendue, a été marquée par des échauffourées entre partisans du président et opposants qui contestent notamment la régularité du fichier électoral. Elle a été précédée de l'arrestation de personnalités et de l'annonce d'un putsch raté par le pouvoir.

Un des principaux challengers du président Issoufou, Hana Amadou est incarcéré depuis novembre, accusé de trafic d'enfants dans un dossier de "droit commun" selon le pouvoir mais "politique" selon le candidat. 

AFP

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