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Capture d'écran du documentaire de Vice.com. DR
Capture d'écran du documentaire de Vice.com. DR

La guerre oubliée des Touaregs dans le sud de la Libye

Alors que la guerre pour le contrôle du pays fait rage entre factions armées dans le nord de la Libye, un conflit ignoré déchire deux peuples dans le désert raconte le site Vice.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est un pays sans état, déchiré entre factions armées rivales. Dans le nord, sur la côte méditerranéenne, là où se concentre 90% de la population libyenne, la situation est bien connue. Deux gouvernements rivaux, l'un à Tobrouk, l'autre à Tripoli, s'affrontent. Et au milieu de ce puzzle, le groupe terroriste Etat islamique gagne au fil des mois en influence et en territoires autour de la ville de Syrte.

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Mais à des centaines de kilomètres de là, loin dans le désert, un autre conflit ravage le sud du pays autour de l'oasis d'Ubari, qui abrite une ville éponyme de 25.000 habitants. Comme le raconte le site Vice.com dans un long reportage vidéo, les Touaregs, qui ont fait de l'oasis d'Ubari leur seconde capitale après celui de Ghat, à la frontière algérienne, y combattent les tribus Toubou pour le contrôle de la ville et des nombreuses exploitations pétrolières de la région.

Contrôler les montagnes

«Une paix de 120 a été brisée», répète plusieurs fois dans ce reportage vidéo un vieux touareg. Jamais sous l'ère de Kadhafi, les deux ethnies n'étaient entrées en conflit. Leur dernière guerre avait été scellée par un traité de paix il y a plus d'un siècle. 

Mais dans la guerre qui déchire le pays, chacun a choisi son camp. Les Toubou sont alliés au gouvernement de Tobrouk dans l'est du pays, quand les Touaregs sont accusés par leurs adversaires de prendre les armes pour mettre la main sur le pétrole. Lors du début de la révolution en Libye, Kadhafi avait réussi à rallier auprès de lui une frange de combattants touaregs, note Vice, mais d'autres avaient choisi le camp des révolutionnaires.

«Ceux qui contrôlent les montagnes contrôlent la ville d'Ubari», disent les combattants touaregs devant la caméra. Et aujourd'hui, ce sont eux les maîtres des hauteurs et d'une large partie de la ville. Mais les balles ont fait des centaines de morts dans les deux camps, et une large partie de la population a fui. Ceux qui sont restés vivent dans la misère d'une guerre sans vainqueur.  

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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